Mois: novembre 2019

The Florida Project

De : Sean Baker
Avec : Brooklynn Prince, Bria Vinaite, Valeria Cotto
2017

La Floride, ses plages clinquantes, ses palmiers de carte postale et sa misère sociale. A l’ombre de Disney World, des motels où s’entasse à l’année la classe moyenne basse, celle qui vit d’économie de bout de chandelles. Là, vit Moonee (Brooklynn Prince), 6 ans, et sa mère Halley (Bria Vinaite).

The Florida Project porte bien son nom, celui d’un projet : ouvrir les yeux du spectateur sur une autre réalité. Inutile dès lors d’essayer de broder de belles histoires avec des rebondissements, de l’action, ou de l’émotion en carton-pâte, puisqu’on frôle ici le documentaire. Ainsi, niveau réalisation, Sean Baker a choisi de faire au plus simple. Sa caméra circule de long en large dans les corridors encombrés de vélos d’enfants, lorsqu’elle ne s’installe pas dans le capharnaüm de la chambre de motel de Moonee et sa mère. Pas de misérabilisme pour autant, juste le quotidien d’une fillette dont l’espièglerie crève l’écran. Car ici les enfants acteurs improvisent et ça se sent : les dialogues spontanés se mêlent aux rires des gamins trop contents d’obtenir des glaces gratuites à force d’astuce. A cela, s’ajoute la bonhommie d’un gérant (Willem Dafoe, parfait). On toucherait presque à la farce si la fin, véritable coup de poignard, nous rappellait pas que l’innocence a toujours une fin.

Conclusion : à voir

90’s

De : Jonah Hill
Avec : Sunny Suljic, Katherine Waterston, Olan Prenatt
2018

Stevie, 13 ans, est en manque de repères. Fils cadet d’une jeune mère célibataire, il ne peut pas vraiment compter sur son grand frère, ce dernier ne manquant pas une occasion pour lui taper dessus. Une seule solution, regarder du côté de la rue et d’un groupe de skateurs, plus cools que cools.

Ce premier film de l’acteur Jonah Hill ne laisse pas indifférent. Déjà, de par sa dimension intimiste puisqu’il s’inspire directement de l’enfance du réalisateur en herbe. Ensuite, parce que cette intimité est portée aux nues par une réalisation sans fioritures. Le format (16mm) et la durée (1h25) offrent à ce beau portrait d’adolescent un écrin à la simplicité rafraîchissante. La bouille du jeune Sunny Suljic (Stevie à l’écran) accroche d’entrée la sympathie du spectacteur qui suit dès lors avec beaucoup d’intérêt ses premiers pas dans la cours des grands. Entre premières taffs et tentatives attendrissantes de « faire cool », le garçon émeut au fur et à mesure que le film avance. Modeste et honorable.

Conclusion : pourquoi pas

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