Critiques cinéma

Critiques des derniers films sortis en salle.

Scandale (Bombshell)

De : Jay Roach
Avec : Charlize Theron, Nicole Kidman, Margot Robbie
2019

Fox News, chaîne d’informations câblée la plus regardée aux États-Unis. A sa tête, Roger Ailes, PDG omnipotent qui dispose de vie ou de mort médiatique sur toute employée. Employée au féminin, puisque tout ce qui passe à l’écran à l’obligation d’arborer des jolies jambes et une jupe très courte. Une oppression qui éclate entre les quatre murs confidentiels de son bureau où le harcèlement sexuel règne en maître. Jusqu’au jour où Gretchen Carlson, ancienne présentatrice de la chaîne, décide de l’attaquer en justice.

Impossible en les temps qui courent de rester impassible face à l’avertissement d’ouverture (« inspiré de faits réels »). D’entrée, l’attention est piquée, d’autant plus que le casting est de haute voltige (au-delà du trio de l’affiche, Allison Janney, Connie Britton ou encore Robin Weigert brillent de leur présence). A l’instar de son sujet dynamité, la mise en scène de Jay Roach (à qui l’on doit Mon beau-père et moi et Austin Power) est survoltée. A mesure que la caméra virevolte au rythme effréné de la rédaction, les dialogues crépitent et les plans s’enchainent à vitesse grand V. La stratégie est agressive mais rusée puisque le spectateur, immergé, est scotché. Impossible de rater une miette des bouts de conversation de ces femmes ambitieuses et pourtant si détachées les unes des autres. Car ce qui surprend le plus dans Scandale, c’est cette solidarité féminine totalement absente. Pas de discussion profonde et creusée, ni de véritable catharsis pour tous ces personnages. Frustrant dans un sens, mais finalement sensé quand on sait que dans la réalité le perdant n’a pas vraiment… perdu. 

Conclusion : à voir

Dark Waters

De : Todd Haynes
Avec : Mark Ruffalo, Anne Hathaway, Tim Robbins
2019

Inspiré d’une histoire vraie, Dark Waters retrace le combat de longue haleine d’un avocat, Rob Bilott, contre le géant de l’industrie chimique DuPont (à qui on doit le fameux Téflon). L’histoire est banale : une grosse entreprise empoisonne en douce et depuis des années des rednecks de Virginie Occidentale. Personne n’est au courant de rien, personne ne veut rien dire, tout le monde est plus ou moins malade sans cause apparente. Un homme, seul contre tous, va dédier sa vie pour rétablir la justice. 

Difficile de passer après Erin Brockovich dans le format David contre Goliath. Si Julia Roberts jouait sur l’émotion et le rire (une chômeuse abonnée aux galères s’improvise avocate du petit peuple), Mark Ruffalo éclate à l’écran dans son rôle d’avocat spécialisé dans les grosses entreprises chimiques se retrouvant à attaquer… un client. L’acteur, méconnaissable, porte à lui seul sur ses épaules le film de Todd Haynes. La justesse de son jeu, conjuguée à la sobriété de la mise en scène, confère au film une certaine tenue. Seul bémol, le rythme. A durée presque égale (2h environ) le classique de Soderbergh est plus digeste. En cause peut-être, le piquant de son héroïne ou encore l’atmosphère solaire, moins usante sur la longueur que l’atmosphère mortifère du biopic de Todd Haynes. Qu’importe, le spectacteur suit le coeur serré le bras de fer de cet homme courage jusqu’à l’accélaration finale, plutôt inattendue. 

Conclusion : à voir abolument

Chambre 212

De : Christophe Honoré
Avec : Chiara Mastroianni, Benjamin Biolay, Vincent Lacoste
2019

Le jour où son mari découvre qu’elle le trompe, Maria (Chiara Mastroianni) ne se laisse pas démonter. Elle assure qu’après 20 ans de mariage, il fallait bien s’y attendre. Et puis c’est que sexuel après tout. Mais pas pour Richard (Benjamin Biolay). Afin de faire le point, Maria prend son sac et s’installe le temps d’un nuit à l’hôtel d’en face. De là, elle peut contempler son passé, son présent, son avenir.

Le pitch est si classique qu’on en baillerait déjà. Mais après tout, c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures. Christophe Honoré aurait pu livrer un mélo dans les formes, doux-amer, sur une presque quinqua en crise de couple. Il n’en est rien. Le réalisateur se déguise ici en dramaturge, monte un théâtre entre la chambre d’hôtel de Madame et l’appartement de Monsieur. Un espace qui se transforme vite en pur fantasme onirique. Là, entrent en scène un Richard avec 20 ans de moins (Vincent Lacoste) et Irène (Camille Cottin), l’amante éconduite par l’époux. Deux fantômes qui viennent converser tantôt avec l’un tantôt avec l’autre, dans la perspective de comprendre ce qui s’est passé pour que le couple en arrive là.

On comprends bien le projet. Celui d’évoquer les remords et les regrets amoureux de n’importe quel couple que les années émoussent. Et le cinéaste de prendre plaisir à jouer de la caméra, à sortir de sa malle des effets de mise en scène farfelus pour poétiser le propos, l’alléger aussi. Et pourtant, rien à faire, on baille quand même. L’incessant bavardage du triangle d’acteurs épuise mais surtout ennuie. La poésie fabriquée des dialogues tombe dans le vide et n’émeut jamais le spectacteur, peu concerné finalement par les caprices très superficiels d’une Chiara Mastroianni haut perchée dans son personnage. La porte de cette Chambre 212 semble grande ouverte à des acteurs qui s’amusent entre eux. Quant au spectacteur, il restera sur le pallier.

Conclusion : à éviter

Aladdin


De : Guy Ritchie
Avec : Will Smith, Mena Massoud, Naomi Scott
2019

Faut-il encore présenter l’histoire d’Aladdin en 2019 ? En deux mots, une histoire d’amour contrariée : lui, Aladdin, traîne dans la poussière du bled et vole son pain, elle, princesse Jasmine, s’ennuie ferme dans son palais. Mais comment la séduire ? Comment esquiver la barrière sociale ? En frottant la lampe et en faisant appel à un génie bien sûr. Si seulement c’était aussi facile…

Avec ses 183 millions de dollars de budget (contre 13,5 millions pour Crawl en comparaison) et son réalisateur reconnu à la barre (Guy Ritchie, à qui l’on doit Snatch ou encore Sherlock Holmes), Aladdin réussit son pari. En témoignent les chiffres : près d’un milliard de dollars encaissés dans le monde entier. Un succès facile c’est certain (le pouvoir de la nostalgie), justifié pas sûr. Si on est prêt à passer outre les costumes kitschs à en faire mal aux yeux, on a plus de mal avec le montage clipesque digne d’une montagne russe. Le nombre d’images par minute donne la nausée, à l’instar des coups de scalp exercés ici et là sur le film originel. Le mastodonte Disney pèse sur la réalisation et ça se sent : le gentil politiquement incorrect du Disney de 1992 (personnages dénudés, violence toute en suggestion mais présente, double lecture des blagues du génie…) est complètement banni ici. Reste la moelle de l’histoire et ce vent de nostalgie qui traverse les générations et balaye – presque – la lourdeur de l’ensemble. Une madeleine de Proust pas forcément facile à digérer mais agréable malgré tout.

Conclusion : pourquoi pas 

Crawl


De : Alexandre Aja
Avec : Kaya Scodelario, Barry Pepper, Morfydd Clark
2019

L’ouragan Wendy gronde sur la côte floridienne. L’alerte donnée, tous les habitants évacuent leur foyer. Tous ? Non, l’irréductible Hailey (Kaya Scodelario) est bien déterminée à affronter les éléments pour rejoindre coûte que coûte le domicile de son père, inscrit aux abonnés absents.

Les foudres de Mère Nature, une jeune héroïne pleine de courage, une armée d’alligators affamés… Crawl rassemble tous les ingrédients du popcorn movie de l’été qu’on commente à voix haute entre deux jump scares en carton-pâte. Le problème, c’est qu’à aucun moment le film ne s’assume en tant que tel. A l’inverse de Piranha 3DAlexandre Aja fonçait à fond les ballons dans le film de série B assumé, jouissif et mordant, Crawl rate le coche en se prenant trop en sérieux. Les poncifs du blockbuster américain s’enfilent (personnage type, schéma narratif post-it, retrouvailles père-fille archi vues) avec une solennité assommante. En témoigne ce début interminable où l’héroïne fait faire le tour du propriétaire au spectateur en faisant raisonner un agaçant « Dad ? » dans chaque pièce. Il faut dire que filmer la menace requiert une approche de la mise en scène précise dans ce processus de dévoilement, sonore et visuel, visant à faire monter la tension. Le souci c’est qu’ici l’approche très approximative du réalisateur casse le rythme et empêche le suspense de s’installer. En résulte un huis-clos aquatique aussi prenant que le spectacle de deux poissons rouges dans leur bocal. On espérait un excitant Serpents dans l’avion, on se contentera d’un Dents de la mer bas de gamme.

Conclusion : à éviter. 

Midsommar


De : Ari Aster
Avec : Florence Pugh, Jack Reynor, Will Poulter
2019

Suite au décès traumatisant de sa soeur et de ses parents, Dani décide de rejoindre son copain et ses amis en Suède, au sein d’une communauté hippie. Pour elle, c’est l’occasion rêvée de se changer les idées et de respirer un peu d’air frais. Pour eux, étudiants, celle de faire des recherches sur les rituels très particuliers de la tribu. Pour les uns comme pour les autres, dépaysement garanti et aucun remboursement possible.

Hérédité fut la révélation de 2018, celle d’un réalisateur, Ari Aster, de sa maîtrise de la mise en scène (précise, inventive mais jamais m’as-tu-vu), de son talent à instaurer une atmosphère suffocante. Un thriller ésotérique pourtant relativement classique si on regarde plus attentivement son écriture (une histoire de famille, de mauvais esprit, d’ambiance lugubre, etc).

Avec Midsommar, changement d’ambiance. Ou pas. Des larmes, des fleurs, du drame. L’affiche condense à elle seule la noirceur fulgurante de ce film d’horreur lumineux tout en antithèses. Jamais éden n’avait donné autant la chair de poule. Avec cette élégance noire rappelant le cinéma de Yorgos Lanthimos (l’humour acide en moins), Ari Aster revisite le motif du choc culturel. Cette fois, pas de starlette ou de footballer américain dans les rangs des personnages, mais des jeunes « normaux » qui vont découvrir tableau après tableau les bizarreries plus ou moins mortifères de ces hippies « bienveillants ».


Et c’est justement en cela que Midsommar est le plus réussi, dans son refus de tirer les grosses ficelles de la descente aux enfers ultra classique. Pas de montage clipesque
ou de course-poursuite dans les hautes herbes, le réalisateur prend un malin plaisir à laisser tourner la caméra, à étirer ses plans solaires. Et le malaise de s’immiscer même quand le soleil est au zénith. Car il ne s’agit pas tant de tout comprendre ou de s’attacher aux personnages, à leurs émotions, que de troubler le spectateur, de le perdre dans un univers perché mais poétique. Un véritable « art intellectuel » de l‘horror movie où la façon de faire voir importe plus que ce qu’on voit. Alors oui, concernant l’histoire en tant que telle, on reste forcément un peu sur sa faim. A l’instar des plans, le propos semble s’étirer pendant 2h27. Tout cela reste mignon dans l’ensemble, ça manque de croquant, sûrement pour éviter à tout prix la guillotinne économique du « moins de 16 ans ». N’en reste pas moins un film unique en son genre, à voir, pour sûr. 

Conclusion : à voir. 

Parasite


De : Bong Joon-ho
Avec : Song Kang-Ho, Lee Sun-kyun, Cho Yeo-jeong
2019

Toute la famille de Ki-taek est au chômage. Un jour, le jeune garçon trouve un emploi de professeur particulier chez les Park, une riche famille coréenne. L’occasion pour lui d’introduire sa mère, son père et sa soeur au sein du foyer en usant des plus insidieuses stratégies.

Peu nombreux sont les Palme d’or à avoir remporté l’adhésion du public et des professionnels du cinéma. Parasite fait partie de ces élus. A bientôt deux mois de sa sortie en salle, le film de Bong Joon-ho continue d’attirer le chaland en salle obscure (plus d’un million de spectateurs à ce jour). Pour cause, son drame tragi-comique sur cette famille d’imposteurs déterminée, coûte que coûte, à obtenir sa part du gâteau est brillant en tous points.

Dès la première scène, Bong Joon-ho donne le ton : Ki-taek tente de grappiller du Wifi gratuit dans le sous-sol insalubre où (sur)vit la tribu. Il y parviendra… près des WC. Côté spectateurs, on rit doucement, légèrement mal à l’aise de trouver de l’humour dans cette misère si peu fictionnelle. Et c’est là le tour de force de ce film pas aussi conventionnel qu’il semble l’être. Le brio réside dans cet équilibre magistral, suivi à la ligne tout du long entre éclats d’humour noir et arrière-fond dramatique. Pas de gros rire, mais du comique de situation, nuancé, égrené à travers une galerie de personnages subtils et jamais caricaturaux. La critique sociale est bien évidemment là, dans l’écart entre famille pauvre et famille riche, mais il n’est jamais forcé. Pas de manichéisme non plus, puisqu’aucun méchant n’est jamais vraiment désigné. Au fond, qui parasite qui ? Pas si simple, tant le scénario ouvre au fur et à mesure de nouveaux tiroirs dans un habile procédé de poupée russe. Les portes du cinéma franchies, la question reste en suspend, preuve de l’intelligence de l’écriture. Ingénieux, filmé avec élégance, un film à voir, sans nul doute.

Conclusion : A voir absolument

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The Beach bum


De : Harmony Korine
Avec : Matthew McConaughey, Snoop Dogg, Isla Fisher
2019

Cannette de bière vissée à la main, gros joint fiché au coin des lèvres, chemise bariolée XXL ouverte sur la banane, à Miami, Moondog est le roi du pétrole. Son pain quotidien ? La drogue, les filles, l’alcool. Quoi de plus normal pour celui qui a fait fortune grâce à sa… poésie.

Personne ne filme l' »American beach life » comme Harmony Korine. Déjà, dans Spring Breakers, le réalisateur nous envoyait une carte postale vitriolée des mésaventures d’une bande de filles en Floride. Un teen movie faussement provoque d’où émanait une drôle de poésie extraterrestre. The Beach bum partage ce même ADN. Libre et desinhibé, le film se présente comme un portrait loufoque de son personnage principal – un uluberlu drogué jusqu’à la moelle – dans son refus de construire toute vraie intrigue. Les tableaux se succèdent, tous plus dingues les uns que les autres (Matthew McConaughey qui fume un joint entre les orteils d’Isla Fisher, Snoop Dogg qui officie un mariage…), dans un montage jouant avec les limites de l’absurde. De fait, certains verront ici une vaste escroquerie où Matthew McConaughey se regarde jouer dans la surenchère sous l’oeil hilare de son metteur en scène. D’autres retiendrons plutôt la dimension pamphlétaire de cet OVNI cinématographique contre l’art contemporain, déclaré fumisterie intellectuelle.  Dans tous les cas, un beau bras d’honneur.

Conclusion : à voir. 

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Marie Stuart, Reine d’Ecosse


De : Josie Rourke
Avec : Saoirse Ronan, Margot Robbie, Jack Lowden
2018

XVIe siècle. La querelle entre protestants et catholiques s’apaise enfin entre l’Ecosse et l’Angleterre d’Elizabeth I, reine protestante (Margot Robbie). Mais c’est sans compter le retour de France de Marie Stuart (Saoirse Ronan), reine d’Ecosse de naissance, mais surtout catholique effrontée. A seulement 18 ans, la jeune veuve du roi de France François II entend bien récupérer sa place qui lui est due, quitte à rouvrir de vieilles blessures entre les deux pays.

A l’instar de l’histoire de France, l’histoire d’Angleterre s’offre comme une véritable corne d’abondance pour les scénaristes anglo-saxons. On ne compte plus les productions inspirées des frasques amoureuses d’Henri VIII d’Angleterre (de la bluette dramatique Deux Soeurs pour un roi à la très mordante série des Tudors). Dernièrement, la Favorite de Yórgos Lánthimos  offrait un portrait haut en couleur de la reine Anne (Olivia Coleman, oscar de la meilleure actrice). Le film dynamitant la tradition filmique des biopics léchés (comment oublier le majestueux dyptique Elizabeth de Shekhar Kapur) de par son surprenant cynisme.

Bref, tout cela se résume souvent à des destins de femme mis en scène par des hommes. En cela, Marie Stuart, Reine d’Ecosse se présente d’entrée sous un jour intéressant. Et pour cause, la réalisatrice britannique ne décolle pas sa caméra de son actrice-titre, Saoirse Ronan, brûlante en jeune reine impertinente. Certains plans, majestueux, font la part belle au corps de cette héroïne historique, tantôt enveloppée dans les paysages sauvages de l’Ecosse (sublime photographie), tantôt croquée dans l’intimité du déshabillage (fabuleux travail des costumes). Et c’est encore là où Josie Rourke est la meilleure. Dans son regard de femme posé sur le visage défigué de Margot Robbie, dans son aptitude à capter l’insolence dans le regard perçant de Saoirse Ronan. Dommage, dès lors, que la mise en scène, plutôt commune et sans éclat, n’offre par le carcan adéquat à ces points de vue. Monotone, le montage souffre d’un vrai laisser-aller en ce qui concerne la direction des autres acteurs (masculins en l’occurence). La majesté du biopic historique s’en retrouve ramollie, même si elle éclabousse suffisamment quelques scènes pour inscrire le film dans les mémoires.

Conclusion : à voir. 

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High Life : Robert Pattinson dans un trou noir

De : Claire Denis
Avec : Robert Pattinson, Juliette Binoche, Mia Goth
2018

Une époque indéterminée. Un homme à l’âge incertain prend soin d’un bambin dans le silence sinistre d’une station spatiale déserte. Visiblement, il s’agit des derniers survivants d’une mission qui a mal tournée.

Compliqué d’esquisser les contours narratifs de cet OVNI qu’est High Life. Claire Denis semble perchée haut, très haut, toisant le spectateur de son pied d’estale de réalisatrice nébuleuse. Car elle seule détient le secret de cette étrange histoire dont on ne comprend pas grand chose. Si bien que lorsque le nom de Robert Pattinson s’affiche sans crier gare après 1h34 de film, il faut faire l’effort de rassembler les pièces du puzzle. Les quelques bribes de dialogue dissiminés ici et là, bien que opaques, aident à raccrocher les wagons : Juliette Binoche, sorte de médecin fou lubrique, tente de perpetuer la race humaine coûte que coûte parmi un équipage composé de tête brûlées (Mia Goth en tête, en habituée des rôles de fille zarbi). De là, naît une pléiade de scènes déroutantes à la limite du grotesque : trips sexuels, accès de violence, allers-retours dans le temps ridicules et déambulations contemplatives s’entrelacent tout du long.
On perçoit ici la patte de la réalisatrice indé dans cet approche très happening de la pellicule, mais rien à faire : la sauce ne prend pas. Thriller érotico-philosophique sur la génétique  ? Survival movie ? Huis-clos sociologique ? Impossible de trancher. High Life restera dans les limbes.

Conclusion : à éviter.