Critiques de films d’horreur

Critiques pas sérieuses et express des films glauques, trash, ou d’horreur.

Verónica


De : Paco Plaza
Avec : Sandra Escacena, Bruna González, Leticia Dolera
2017

Verónica, 15 ans, a beau s’occuper du levé au couché du soleil de ses trois frères et soeurs, elle n’en demeure pas moins une adolescente comme les autres. Ce qui veut dire, dans son cas, trouver ça fun de convoquer un esprit dans les sous-sols de son école un jour d’éclipse. Encore faut-il maitriser le cérémonial de la planche de Ouija…

Il est toujours plaisant de découvrir un horror movie qui prenne place ailleurs que dans la campagne rednek ou dans les suburbs ricains. Ici, les cris de la girl next door aux lèvres glossées sont remplacés par ceux de la teen spanish, brunette en uniforme de collège un peu rock. Pour ce qui est du plan purement formel, Verónica est plutôt bien fichu. Paco Plaza (la saga Rec) mise sur des cadrages audacieux et une poignée de raccords plutôt malins. A cela s’ajoute les inévitables jump-scare, bien menés dans l’ensemble. Si le film n’a pas pour vocation de renouveler le genre (un esprit malin s’immisce dans le monde des vivants pour semer la panique houuuu), il a le mérite de faire frissonner le spectacteur. Pour cause, Verónica s’inspire d’un fait-divers véridique. Cinématographiquement pas inoubliable, mais efficace sûrement.

Emelie


De : Michael Thelin
Avec : Sarah Bolger, Carly Adams, Thomas Bair
2015

Un couple sort au restaurant célébrer leur anniversaire de mariage. À la maison, trois mouflets et Anna, la nouvelle nounou recommandée par l’habituel baby-sitter, indisposée ce soir-là. Un visage d’ange pour des arrières-pensées diaboliques.

D’entrée, Emelie s’affiche comme l’une de ces productions de seconde zone dont Netflix a le secret. Le type même du thriller rapide (1h20 au compteur) et balisé que l’on visionne par manque de temps avant d’aller se coucher. Mise en scène platonique, personnages esquissés à la va-vite, scénario usé jusqu’à la corde, et pourtant, à la surprise générale, ça fonctionne. En un temps record, ce petit film bien huilé parvient non seulement à accrocher l’attention du spectateur, mais aussi à developper un climat psychologiquement dérangeant. En cause, un réalisme simple mais perçant (pour ceux qui ont déjà fait du baby-sitting) et le jeu, malin, de Sarah Bolger, hélas coupée dans son élan par une fin pressée par le chronomètre.

The autopsy of Jane Doe

the-autopsy-of-jane-doe-photo-2De : André Øvredal
Avec :
Emile Hirsch, Olwen Catherine Kelly, Brian Cox
2016

Le cadavre étonnamment propre d’une jeune femme est retrouvé à moitié enterré dans le sous-sol d’une maison. Comme de coutume, il est amené chez les Tilden, médecins légistes de père en fils. Une longue et tortueuse nuit d’autopsie s’annonce pour le duo.

(Trop) vite expédiée au cinéma, l’autopsie est pourtant une étape médicale palpitante, riche en détails croustillants tout aussi morbides que scientifiques. La preuve ici. Au rythme du brisement des côtes, du dépeçage et de l’ablation du scalp, secrets médicaux se muent en indices pour redonner une histoire au corps virginal. Une enquête chirurgicale de série B modeste et plaisante.

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Dead Silence

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De : James Wan
Avec : Ryan Kwanten, Amber Valletta, Donnie Wahlberg
2007

Accusé du meurtre de sa femme, Jamie décide de retourner dans la ville de son enfance pour trouver des preuves de la culpabilité d’une mystérieuse poupée. Un retour au bercail qui réserve son lot de surprises sur son propre passé.

À ce qu’il paraît, c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures. Un adage qui vaut surtout pour les scénarios de films d’horreur, même si pour beaucoup de réalisateurs le résultat s’apparente plus à de la bouillie. Excepté pour James Wan, maître indétrônable ces dernières années en la matière.
En dépit de son statut de dinosaure dans la (jeune) carrière du réalisateur, Dead Silence n’est en rien un souvenir filmographique honteux. Certes, les personnages sont en pilotage automatique et articulent des dialogues plats (on n’a as encore atteint le stade d’écriture du couple Warren). Certes, la volonté de mêler enquête policière, thriller et épouvante est un peu hasardeuse, mais la photographie est – chose rare – soignée, et non sacrifiée au profil des effets en carton pâte. Quand la caméra n’est pas posée à des endroits audacieux à multiplier les points de vue, elle s’amuse à créer des effets de perspective plutôt sympathiques, apposant une véritable signature à la mise en scène. L’immersion est complète, du début jusqu’à la fin, qui, on l’apprécie, ne fait pas dans l’équivoque.

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The boy

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De : William Brent Bell
Avec : Lauren Cohan, Rupert Evans, Jim Norton
2016

Pour fuir son ex-petit ami violent, l’Américaine Greta (Lauren Cohan) accepte un job de nanny au fin fond de la campagne anglaise. Un boulot grassement payé pour ce qui se résume à s’occuper d’une « poupée » pendant l’absence des parents.

Un gigantesque manoir entériné dans la brume, une baby-sitter isolée et l’esprit d’un petit garçon sauvegardé dans un jouet. Aucun spoiler ici, juste du bon sens. On l’aura compris, the Boy ne fait pas dans la finesse cérébrale. Et pourtant, à chaque apparition de la poupée à l’écran, la chair de poule s’installe. Car l’adage « plus réussi est le méchant, plus réussi sera le film » (dixit Alfred Hitchcock), marche aussi avec les dolls. Et dans le registre creepy, celle-ci décroche le pompon. Pas de visage grossier à la Annabelle, mais un adorable minois qui réserve son lot de tête-à-tête aussi ambivalents que troublants  avec la baby-sitter. De l’épouvante très visuelle plutôt réussie dans l’ensemble, pour contrebalancer le pétard mouillé qui tient lieu de scénario.

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Dans le noir

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De : David F. Sandberg
Avec : Teresa Palmer, Gabriel Bateman, Maria Bello
2016

Martin est un petit garçon qui n’a pas la vie facile. Son père est mort et sa mère – sous antidépresseurs – parle toute seule, ou plutôt avec une méchante dame au nom de Diana qui se plaît à le persécuter. Seule bouée de secours du petiot, sa (demi) grande soeur Rebecca, exilée du cocon familial.

Difficile de garder l’oeil vif et d’esquiver le bâillement durant le premier quart d’heure. Un gamin livré à lui même, une adulescente qui fait sa crise, un fantôme qui claque des portes… mouais. Le pitch de Dans le noir n’a rien de révolutionnaire. Paresseux, il ne prend même pas la peine d’approfondir le pourquoi du comment. Et pourtant, contre toute attente, ça fonctionne. La mise en scène, bien huilée, se révèle aboutie, tirant son énergie d’une peur parlant à l’enfant qui sommeille en chacun : celle du noir. Réminiscences des situations cauchemardesques qui en découlaient (la peur, enfant, de se retrouver seul dans le noir, des coupures d’électricité, etc). Situations exploitées jusqu’aux habituels scare jumps et dominées par une Teresa Palmer toujours aussi badass.

Anecdote : le budget de production du film a été amorti dès le premier week-end de sortie en salles. Il n’en fallait pas plus pour les producteurs pour envisager immédiatement un séquel.

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Strange circus (Kimyô na sâkasu)

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De : Sono Sion
Avec : Masumi Miyazaki, Issei Ishida, Rie Kuwana
2005

Un père, une mère, leur fille. Un triangle familial dans lequel les relations ne devraient pas être ce qu’elles sont, où l’horreur, le vice, la jalousie, la folie se partagent la scène en toute impunité, macérant au fil des années dans le cerveau de Mistuko, fille et victime de parents terribles.

Inutile d’en dire trop sur l’intrigue de Strange Circus. Son titre (réducteur) suffit à lui seul à résumer ce thriller psychologique féroce et sans fard, mené tambour battant par une perfection d’écriture des plus rares. Mise en scène frissonnante, voix-off enfantine, gimmick musical… Sono Sion prouve une fois de plus les trésors d’inventivité du cinéma asiatique dans le registre Un vrai manège de l’horreur où le spectateur s’embarque avec un plaisir coupable, récit labyrinthique ponctué de doutes et d’interrogations, jusqu’à son dénouement, d’un sublime effroi.

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