Le coin lecture cinéma

A l’est d’Eden de John Steinbeck

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L’histoire : 
L’histoire de la famille Trask, développée de génération en génération, racontée à travers la vie de figures masculines marquantes, du grand-père Trask, figure dominatrice, à ses fils Charles et Adam, jusqu’aux jumeaux de ce dernier, Caleb et Aaron. L’odyssée d’une famille américaine de la fin du XIXème siècle à la Première Guerre mondiale. En bref, un roman d’une ambition folle, adapté au cinéma par le réalisateur Elia Kazan. Mais peut-on vraiment parler d’adaptation ?

Mon avis : 
Comme chacun sait, il y a des chefs d’oeuvre intouchables de la littérature, d’un génie si sacré, d’une ambition si vertigineuse, qu’il serait impie de les remettre entre les mains versatiles du cinéma. Qu’importe pour le réalisateur grec, qui se réserve le droit de charcuter l’oeuvre en quatre parties de John Steinbeck (prix Nobel de littérature), pour se concentrer uniquement sur la dernière tranche : l’ultime génération.

A l’écran, des jumeaux  : Caleb (James Dean), le taciturne, le mauvais, l’insolent, et Aaron (Richard Davalos), le fils prodigue, la fierté de la famille. Le premier cherche à s’attirer les bonnes grâces d’un père grognon, cherche à connaître la vérité sur sa mère disparue. Le second et bien… rien. Il est là, brillant, amoureux fou de la curieuse Abra (Julie Harris), mais accessoire, ou presque. Comment apprécier un tel flou scénaristique ? En se focalisant sur le tempérament de Caleb, sur ses ténèbres, ses actes manqués, le réalisateur passe sous silence les tenants et aboutissants de personnages majeurs (Adam, Cathy…) voire absents (Lee), et avec eux, leurs liens héréditaires qui font l’essence même du récit. Car tout le sel de l’oeuvre originale réside dans ce terreau familial longuement tourné et retourné, à coup de sentiments contrariés génétiques, de drames étouffés, sous-entendus au gré de répliques flash-back lancées dans le vide au fil du film. Des personnages sans passé, et donc sans consistance, fantômes sur pellicule d’une « adaptation » manquée, de par son choix de cueillir un mince rameau d’un arbre grandiose. Reste un portrait cinéphile de toute beauté du talent de James Dean.

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Pour qui ? 
– Pour ceux qui veulent découvrir l’écriture d’un des pontes de la littérature américaine. 
– Pour ceux qui ont été fascinés par la performance de James Dean, et qui souhaitent mieux comprendre la psychologie torturée de son personnage.
– Pour les lecteurs avides d’histoires fleuves. 
– Pour les lecteurs fascinés par l’Amérique et par son héritage rural. 

Points forts
– Une écriture fluide, riche en images et en sensations, qui transforme la lecture en pur moment de délectation. 
– Un roman qui n’a pas pris une ride et qui reste passionnant, 63 ans après son écriture. 
– Des personnages très différents, extrêmement intéressants de par leur histoire personnelle.
– Un livre qui se lit sur la longueur, avec passion, et qui par conséquent dure plus d’une semaine. 
– Un prix très abordable pour la durée de lecture : 7€90.

Points faibles
– Quelques passages sur l’Histoire, utiles pour remettre le récit dans le contexte politique de son époque, mais légèrement ennuyants. 
– Il n’y a pas vraiment d’intrigue, avec un début et une fin réelle (encore que c’est à débattre). Ce manque de rebondissements, de coups d’éclat et de suspense, peut décevoir certains lecteurs. 

Un conseil 
A l’Est d’Eden est comme une bonne bouteille. C’est un livre qui se déguste avec plaisir, lentement, mais sans ennui. C’est un portrait familial, tout simplement. 

 

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L’autre comme moi de José Saramago

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L’enfer c’est  l’autre

L’histoire : 
En dépit de son nom hors norme, Tertullien Maximo Afonso est un professeur d’histoire on ne peut plus quelconque. Sa vie entière semble l’ennuyer profondément. Jusqu’au visionnage d’un film, du film, et la découverte d’un figurant au physique parfaitement identique au sien. Le début d’un engrenage irrépressible.  

Mon avis :
La fin du film Enemy de Denis Villeneuve en a laissé perplexe plus d’un. Qu’est-ce c’est que cette histoire ? A quoi rime cette grosse araignée, cette scène d’ouverture décadente, ce discours répétitif sur le totalitarisme ? Tant de questions laissées sans réponses qui nous poussent à ouvrir le livre.

A l’image du thriller, L’autre comme moi est une histoire très introspective, ancrée dans le psychisme individuel. C’est simple, tout se passe dans la tête du protagoniste : du dialogue avec le “Sens Commun” personnifié à ceux de Maximo avec lui-même. Comme à l’écran, l’histoire avance avec lenteur, ou plutôt se traine dans un ton morne. Surtout pendant la première moitié du livre. Notre antihéros loue des vidéos, angoisse, se rend au travail, esquive les appels de son amante et recommence. Quand la confrontation avec le sosie survient enfin, signe que l’intrigue mentale prend corps, le lecteur en est au ⅔ de sa lecture. Finalement le couperet tombe, le livre est fini et José Saramago a survolé un sujet aussi singulier que psychologiquement riche.

Est-ce que L’autre comme moi éclaire sur le sens du film ? Oui et non. Oui, car on comprend qu’il s’agit d’une simple histoire de coïncidence génétique et de ses conséquences psychologiques sur les victimes. La théorie, propre à Enemy, selon laquelle le protagoniste se dédoublerait en deux personnes n’est pas supposée ici. Non, car on comprend que le réalisateur a pris ses libertés vis-à-vis de l’œuvre et exprime sa propre vision. C’est tout.

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Pour qui ?

– Ceux qui ont été frappé d’incompréhension à la fin du film, évidemment.

– Ceux qui veulent découvrir l’oeuvre du grand écrivain portuguais José Saramago.

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Points forts :

– Malgré la plume sophistiquée, l’ensemble se lit relativement vite.

– Un livre mince, léger, idéal pour les transports.

– Le plaisir de découvrir l’oeuvre de l’un des prix Nobel de littérature.

– Des phrases parfois trop complexes mais puissantes, qui font réfléchir.

Points faibles :

– Une lecture visuellement difficile : aucun alinéa, aucun saut à la ligne, aucun tiret de dialogue. L’écriture est structurée en gros blocs.

– Un narrateur pesant qui surligne sa présence.

– Un peu trop de blabla par moments.

Un conseil :
Les premiers chapitres peuvent paraître rebutants à cause de l’écriture très singulère, mais on s’y habitue. Si le livre apporte un éclairage intéressant sur le film, il ne faut pas s’attendre pour autant à y trouver toutes les réponses à l’interprétation de Denis Villeneuve.

Mrs Dolloway de Virginia Woolf

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La vie des autres

L’histoire : 24h. L’unité de temps du récit, un temps nécessaire pour esquisser le portrait d’une femme, Clarissa Dolloway. Une femme dont la seule obsession est de préparer la soirée mondaine qu’elle organise chez elle. Une journée, une seule, pour saisir l’histoire intime de chaque invité, de chaque personne croisée de près ou de loin.

Mon avis : Quiconque a vu et adoré le drame The Hours de Stephen Daldry sera profondément déçu par ce livre, pourtant principale inspiration de l’adaptation filmique. Pourquoi ? Parce que le livre n’a rien à voir (ou presque) avec le film. Il y a bien ici et là quelques similarités : le récit concentré en une journée de plusieurs personnes qui se croisent au fil de l’histoire. Dans les deux formats des personnages mélancoliques, lourds de leur bagage émotionnel. On peut comprendre que Septimus dans « Mrs Dolloway » est Richard (Ed Harris) à l’écran. Le mal-être viscéral des deux personnages et surtout – attention SPOILER – leur fin tragédie commune. Mrs Dolloway est  Meryl Streep, femme fortunée, angoissée et agrippée aux apparences. A noter le cas intéressant de Sally, l’ami exubérante de Clarissa sur le papier, transformée en partenaire lesbienne de celle-ci à l’écran. Différence troublante quand on sait que sur le papier le mari de Mrs Dolloway s’appelle… Richard. Sinon Peter Walsh est clairement Louis (Jeff Daniels), le soupirant éconduit de Clarissa/Meryl Streep. Enfin dernier point commun, le ton, dramatique et pesant.

A part ça le livre de Virginia Woolf est difficile à lire. Les sauts de puce incessants entre les personnages, les changements de focalisation, de narrateur, rendent la lecture épineuse. L’histoire à proprement dit n’est pas attachante car inexistante. Pour cause, on pourrait comparer Mrs Dolloway à un collier dont les perles seraient ces histoires, ces thérapies intimes enfilées les unes après les autres et liées par un seul fil : Clarissa Dolloway.

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Pour qui ?

– Les férus de romans anglais du XXème siècle (le livre a été écrit en 1925).

– Pour ceux qui ont été intrigués par le personnage de l’écrivaine Virginia Woolf dans The Hours.

– Pour ceux qui aiment les tableaux d’une époque : ici le Londres des années 20. La description de la ville, de la mode et des moeurs est légère et bien croquée.

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Points forts :

– Un livre assez court à lire.

– Petit et léger, il est facile à glisser dans le sac.

– La biographie de Virginia Woolf à la fin du livre est utile pour mieux comprendre la psychologie très fine du livre.

– Une belle écriture. De très jolies phrases et métaphores. Un rythme sec.

Points faibles :

– Une lecture laborieuse pour ceux qui ont perdu l’habitude de lire des classiques de la littérature.

– Pas de réel début ni de fin.

– Un livre qui n’a pas grand-chose à voir avec le film.

Un conseil

N’achetez pas ce livre juste parce que vous avez adoré The Hours. Si vous avez été intrigué par le personnage de l’écrivaine incarnée par Nicole Kidman, lisez la biographie de Virginia Woolf à la fin du livre, en rayon. C’est amplement suffisant.

 

La Couleur des sentiments de Kathryn Stockett

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Mississippi Goddam

L’histoire : Années 60. A Jackson, Mississippi, chaque famille blanche possède sa propre bonne noire. Pour le ménage, la bonne tenue du foyer, l’éducation des enfants. La Couleur des sentiments raconte l’histoire de trois protagonistes, trois narratrices. Celle de la sage Aibileen, domestique noire solitaire et las, celle de Minny, sa meilleure amie, mère de famille enragée renvoyée de toutes les maisons, et enfin celle de Miss Skeeter, une jeune journaliste blanche discrète et audacieuse.

Mon avis : La Couleur des sentiments est un livre passionnant. De ceux dont on tourne fébrilement les pages, l’oeil visé à l’éclairage nocturne du réveil. On s’indigne souvent, on s’esclaffe parfois, on s’émeut toujours. L’écriture est si limpide et les phrases si simples, que notre imaginaire turbine sans effort. Quelques pages et nous voilà propulsé dans cette petite ville chaude et poisseuse du Mississippi. L’odeur du poulet frit de Minny nous chatouillerait presque les narines.

Vous avez vu le film avant d’avoir lu le livre ? Aucune importance. Les personnages du roman collent parfaitement (ou presque) aux acteurs, évitant ainsi le choc classique entre la vision du lecteur et celle du réalisateur. Qui d’autre que la formidable Octavia Spencer pour jouer la boule de nerfs Minny? Cette singularité, cette rébellion journalistique, c’est la fraîche Emma Stone bien sûr. L’amertume d’Aibileen transpire dans le jeu tout en nuances de Viola Davis.

Inutile de préciser que le livre, de par sa taille (600 pages), va plus loin que le film. Les tourments amoureux de Skeeter gagnent en profondeur, à l’instar du drame maternel décrit en filigrane du récit central. Mais ce n’est rien à côté du climat social du livre. La venimosité du personnage de Miss Hilly (tout comme l’animosité du cadre)  fait son effet. Un moyen aussi de rappeler que derrière le vernis de la fiction se cache la vraie histoire, beaucoup plus hideuse, l’Histoire avec un grand H.

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Pour qui ?

– Pour ceux qui ont adoré le film et qui veulent en savoir plus sur les personnages.

– Pour ceux qui sont attirés par les histoires autour de la ségrégation aux Etats-Unis

– Pour ceux qui sont fans d’histoires de femmes sincères, mais jamais mièvres ou girly.

– Pour ceux qui aiment les récits authentiques, ceux qui sentent bon l’Amérique profonde.

– Pour ceux qui cherchent un livre qui ne soit ni une romance ni un polar à la mode.

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Points forts :

– Une écriture fluide, entêtante et très simple.

– Un découpage passionnant car par points de vue (celui de Minny, Skeeter, Aibileen).

Un prix mini : environ 10 euros

– Tout public.

Points faibles :

Le côté pavé ?

Un conseil
Avoir vu le film avant ne gâchera en rien votre plaisir de lecture. Je n’ai jamais lu un roman aussi vite.

Sexe, Mensonges & Hollywood de Peter Biskind

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Pour une poignée de (millions) de dollars

L’histoire : Le cinéma indépendant américain. Ses acteurs, son système, ses films, ses festivals. Et puis ses figures de proue, surtout. D’un côté, le festival de Sundance, bébé de Robert Redford, rendez-vous incontournable de la scène indépendante. De l’autre Miramax, petite boîte de production devenue grande sous l’impulsion des frères Bob et Harvey Weinstein.

Mon avis : Disons-le tout de go : Sexe, mensonges & Hollywood est un livre difficile d’accès. Voire difficile tout court. L’auteur nous promet ici beaucoup (trop ?) de choses : un cours d’histoire sur le cinéma indépendant (en détaillant le système financier du milieu, en fouillant l’histoire tumultueuse de Sundance et de Miramax), mais aussi les portraits cinglants d’icônes (le lunatisme de Robert Redford, le train de vie cancérigène de Harvey) et des anecdotes people croustillantes, bien sûr.

Alors les promesses ont-elles été tenues ? Oui et non. Oui, en refermant le livre on se sent plus cultivé. On a le crâne bourré à ras bord de connaissances sur le développement de cette branche du cinéma américain. On comprend mieux la puissance et l’influence du duo Weinstein. Non, car la forme est tellement répétitive et écrasante, qu’on a l’impression de lire la même chose du début à la fin. La plume est précise mais engourdie. Où est l’écriture resserrée et incisive de l’ex-rédacteur en chef du Première américain ? L’auteur reste coincé dans un exercice d’investigation feint. Pourquoi ?  Puisque dès le début le mot de la fin est refourgué grossièrement au lecteur : Harvey Weinstein est (était ?) un dictateur et le cinéma indépendant est avant tout une histoire de fric avant d’être une histoire d’amour de l’art. Aucun doute là-dessus, puisque l’auteur enfile – sans relâche – les même témoignages cuisants. Le livre connaît néanmoins quelques respirations passionnantes (l’histoire attachante du film Will Hunting, le portrait implacable de Quentin Tarantino).

Bref, Peter Biskind aurait pu nous en apprendre beaucoup plus s’il n’avait pas mâchouillé sa conclusion pendant 800 pages. Dommage.

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Pour qui ?

– Pour les professionnels du milieu du cinéma, les étudiants dans le domaine de la production.

– Pour les lecteurs intéressés par le business, la dimension financière du secteur indépendant.

 

Points forts :

– Un rapport qualité/prix imbattable. Un pavé d’une petite dizaine d’euros qui dure facile un mois.

– Une investigation à première vue très fouillée, riche en chiffres et en témoignages.

– Une lecture culturelle : la sensation plaisante d’en savoir plus après avoir refermé le bouquin.

– Ce livre permet de (re)découvrir les vieux films qui ont marqué l’histoire.

Points faibles :

– Indigeste sur la forme (écriture assez petite et surtout archi serrée !) comme sur le fond (très répétitif).

– Une écriture redondante et très sèche.

 

Un conseil :

N’achetez pas ce livre en espérant des ragots ou encore des anecdotes légères sur les stars du cinéma indépendant (Matt Damon, Uma Thurman, Gwyneth Paltrow…). Ce livre se lit plus pour la culture que pour le plaisir. A alterner avec un bon roman.

Le Loup de Wall Street de Jordan Belfort

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Confessions d’un enfant terrible de la bourse

L’histoire : Multimillionnaire, dépravé, outrancier, arrogant, brillant… les adjectifs ne manquent pas pour décrire Jordan Belfort, jeune coursier ayant bâtit sa propre société de courtage, Stratton Oakmont, dans les années 90.  Une entreprise aussi bouillonnante que carnivore, chaperonnée par un homme à l’esprit fort et à la chair faible.

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Mon avis : A travers ce livre, Jordan Belfort ne cherche ni à s’excuser, ni à se justifier, pas même à retracer l’ascension fulgurante de sa boîte. Le Loup de Wall Street c’est tout simplement  Jordan, 45 ans, jetant un regard dans le rétroviseur des années les plus chaotiques de sa jeune vie.

Bien sûr la plume narcissique de l’auteur tend dans un premier temps à agacer, tant sa personnalité aussi arrogante que brillante suinte dans le ton cynique et les points d’exclamation à tout va. Bien sûr les passages traitant de manoeuvres boursières et autres réflexions économiques égarent rapidement l’attention. Sans compter ces explications trop riches, cette narration gauche. Mais il faut voir ce charisme ! Ce culot ! Cette impertinence ! Cette drôlerie dans les dialogues jusqu’à dans la peinture des personnages. Jordan Belfort est aussi un requin dans l’écriture. Sa manière de croquer avec ses dents longues les tranches les plus scandaleuses (et honteuses) de sa vie est jubilatoire.

Et puis il y a cette dimension beaucoup plus inquiétante, cette douleur sensible, brièvement aperçue dans le film de Scorsese, qui pointe ici et là des passages d’orgies. La poignante émotion d’un père qui manque un temps de perdre son bébé, alors victime d’une perforation cardiaque. Ou encore la prise de conscience de Jordan dans son centre de désintoxication pour friqués. Car à la différence du film de Marty, le fil rouge narratif du livre (s’il y en a vraiment un) n’est pas le parcours professionnel d’un homme mais sa chute personnelle. Un homme bêtement malade, de plus en plus gangrené par les drogues, empreint au doute, à l’angoisse et obsédé par sa petite taille. Humain, tout simplement.

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Pour qui ?

– Pour ceux qui souhaitent la version de l’histoire vécue par le VRAI Jordan Belfort, un point de vue 100% subjectif des événements.

– Pour ceux qui ont été fascinés par la personnalité indécente du personnage et qui souhaitent en savoir plus.

– Pour les fans du film.

Points forts

– Une écriture acérée, dynamique et visuelle mais surtout très drôle par moments.

– Un prix raisonnable (8 € 10) si l’on considère le temps de lecture.

– Un petit pavé facile à transporter.

Points faibles

– Le manque de lisibilité : c’est écrit petit et serré. À lire dans un endroit très bien éclairé pour pas s’abîmer les yeux.

– Les bavardages boursiers ennuyeux, le côté répétitif de l’histoire.

Un conseil  

Ne pas oublier la probable part de “fiction” du livre. Un bouquin qui apportera et devrait plaire surtout à ceux qui ont vraiment adoré le film.

Clint Eastwood – Un rebelle américain de Marc Eliot

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Ascension d’une graine de talent ascendant Don Juan

L’histoire : qui est vraiment Clint Eastwood ? Qui est l’homme qui se cache derrière ce grand corps sec d’1m93, ce regard d’acier mythique ? Marc Eliot, en biographe émérite, tente au rythme des 480 pages de raconter l’histoire de cet acteur impénétrable. Et l’auteur de passer au peigne fin la vie professionnelle et privée du cow-boy sans nom des années 60 passé réalisateur de génie courant 2000. Ou comment un jeune pompiste anonyme est-il devenu l’icône de toute une génération.

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Mon avis : Clint Eastwood – Un rebelle américain retrace l’odyssée professionnelle passionnante d’un banal citoyen américain que rien ne prédestinait à devenir acteur. Avec minutie et un souci d’objectivité des plus louables, Marc Eliot raconte, année après année, le chemin de croix de Clint pour se faire une place au soleil des projecteurs : de la difficulté à faire accepter son physique charmant mais atypique, à son combat permanent avec les studios pour se voir attribuer le dernier mot. Au fil des pages, le lecteur saisi toute la puissance d’une personnalité, toute la poigne de cet acteur légendaire. Qui est Clint alors ? Un homme qui tape du poing sur la table, souvent capricieux, toujours perfectionniste. Une tête dure, décidée dès ses débuts devant la caméra, à faire un petit tour derrière. Un filou, un fin stratège, respecté mais longtemps snobé par le haut pouvoir des Oscars.

Mais là où Marc Eliot frappe fort (et juste), c’est dans sa manière de construire sa biographie sur le parallèle entre la vie personnelle (en particulier amoureuse) de l’acteur et sa carrière à l’écran. Un système de vases communicants généreux en surprises : qui auraient crû que ce grand monsieur de 83 ans était un coureur de jupons de premier ordre ? Que Clint sautait sur tout ce qui bouge tout en jouant les maris exemplaires à la maison ? Avec beaucoup de classe, Marc Eliot flirte avec les frontières du “people”, et ce,  pour notre plus grand plaisir. Un moyen de boucler la boucle en rappelant qu’après tout, c’est grâce à son physique que le grand Clint s’est fait remarquer.

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Clint Eastwood et Manis, l’orang-outan de Doux, dur et dingue

Pour qui ?

– Pour ceux qui veulent percer l’aura de Clint Eastwood ou mieux saisir l’influence actuelle de l’acteur.

– Pour les jeunes qui veulent comprendre l’une des figures de proue du cinéma de leurs parents.

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Points forts

– Une biographie qui se lit sans peine : l’écriture est fluide, simple, direct.

– Pas besoin de connaître la carrière de Clint sur le bout des doigts pour prendre plaisir à la lecture et se laisser happer.

– C’est écrit assez gros, la mise en page est aérée, pas besoin de plisser les yeux.

– L’auteur réussit à garder de la distance avec son sujet. L’écriture ne transpire pas l’adoration de l’écrivain.

Points faibles

– Monotonie inhérente à la forme de la biographie, donc pas vraiment un défaut.

– Une certaine frustration peut parfois s’installer pour la jeune génération de lecteurs. 85% du livre parle de films très très vieux (années 60) que tout le monde n’a pas vu.

– Le format, forcément. Pas très pratique à transporter dans un sac à main.

Un conseil 

Si vous avez envie de connaître le parcours, les débuts et le milieu de carrière de Clint Eastwood, foncez. Si vous cherchez une analyse, de belles histoires autour de ses films “récents” (de Million Dollar Baby à Au-Delà) laissez tomber.