Aladdin


De : Guy Ritchie
Avec : Will Smith, Mena Massoud, Naomi Scott
2019

Faut-il encore présenter l’histoire d’Aladdin en 2019 ? En deux mots, une histoire d’amour contrariée : lui, Aladdin, traîne dans la poussière du bled et vole son pain, elle, princesse Jasmine, s’ennuie ferme dans son palais. Mais comment la séduire ? Comment esquiver la barrière sociale ? En frottant la lampe et en faisant appel à un génie bien sûr. Si seulement c’était aussi facile…

Avec ses 183 millions de dollars de budget (contre 13,5 millions pour Crawl en comparaison) et son réalisateur reconnu à la barre (Guy Ritchie, à qui l’on doit Snatch ou encore Sherlock Holmes), Aladdin réussit son pari. En témoignent les chiffres : près d’un milliard de dollars encaissés dans le monde entier. Un succès facile c’est certain (le pouvoir de la nostalgie), justifié pas sûr. Si on est prêt à passer outre les costumes kitschs à en faire mal aux yeux, on a plus de mal avec le montage clipesque digne d’une montagne russe. Le nombre d’images par minute donne la nausée, à l’instar des coups de scalp exercés ici et là sur le film originel. Le mastodonte Disney pèse sur la réalisation et ça se sent : le gentil politiquement incorrect du Disney de 1992 (personnages dénudés, violence toute en suggestion mais présente, double lecture des blagues du génie…) est complètement banni ici. Reste la moelle de l’histoire et ce vent de nostalgie qui traverse les générations et balaye – presque – la lourdeur de l’ensemble. Une madeleine de Proust pas forcément facile à digérer mais agréable malgré tout.

Conclusion : pourquoi pas 

Crawl


De : Alexandre Aja
Avec : Kaya Scodelario, Barry Pepper, Morfydd Clark
2019

L’ouragan Wendy gronde sur la côte floridienne. L’alerte donnée, tous les habitants évacuent leur foyer. Tous ? Non, l’irréductible Hailey (Kaya Scodelario) est bien déterminée à affronter les éléments pour rejoindre coûte que coûte le domicile de son père, inscrit aux abonnés absents.

Les foudres de Mère Nature, une jeune héroïne pleine de courage, une armée d’alligators affamés… Crawl rassemble tous les ingrédients du popcorn movie de l’été qu’on commente à voix haute entre deux jump scares en carton-pâte. Le problème, c’est qu’à aucun moment le film ne s’assume en tant que tel. A l’inverse de Piranha 3DAlexandre Aja fonçait à fond les ballons dans le film de série B assumé, jouissif et mordant, Crawl rate le coche en se prenant trop en sérieux. Les poncifs du blockbuster américain s’enfilent (personnage type, schéma narratif post-it, retrouvailles père-fille archi vues) avec une solennité assommante. En témoigne ce début interminable où l’héroïne fait faire le tour du propriétaire au spectateur en faisant raisonner un agaçant « Dad ? » dans chaque pièce. Il faut dire que filmer la menace requiert une approche de la mise en scène précise dans ce processus de dévoilement, sonore et visuel, visant à faire monter la tension. Le souci c’est qu’ici l’approche très approximative du réalisateur casse le rythme et empêche le suspense de s’installer. En résulte un huis-clos aquatique aussi prenant que le spectacle de deux poissons rouges dans leur bocal. On espérait un excitant Serpents dans l’avion, on se contentera d’un Dents de la mer bas de gamme.

Conclusion : à éviter. 

Midsommar


De : Ari Aster
Avec : Florence Pugh, Jack Reynor, Will Poulter
2019

Suite au décès traumatisant de sa soeur et de ses parents, Dani décide de rejoindre son copain et ses amis en Suède, au sein d’une communauté hippie. Pour elle, c’est l’occasion rêvée de se changer les idées et de respirer un peu d’air frais. Pour eux, étudiants, celle de faire des recherches sur les rituels très particuliers de la tribu. Pour les uns comme pour les autres, dépaysement garanti et aucun remboursement possible.

Hérédité fut la révélation de 2018, celle d’un réalisateur, Ari Aster, de sa maîtrise de la mise en scène (précise, inventive mais jamais m’as-tu-vu), de son talent à instaurer une atmosphère suffocante. Un thriller ésotérique pourtant relativement classique si on regarde plus attentivement son écriture (une histoire de famille, de mauvais esprit, d’ambiance lugubre, etc).

Avec Midsommar, changement d’ambiance. Ou pas. Des larmes, des fleurs, du drame. L’affiche condense à elle seule la noirceur fulgurante de ce film d’horreur lumineux tout en antithèses. Jamais éden n’avait donné autant la chair de poule. Avec cette élégance noire rappelant le cinéma de Yorgos Lanthimos (l’humour acide en moins), Ari Aster revisite le motif du choc culturel. Cette fois, pas de starlette ou de footballer américain dans les rangs des personnages, mais des jeunes « normaux » qui vont découvrir tableau après tableau les bizarreries plus ou moins mortifères de ces hippies « bienveillants ».


Et c’est justement en cela que Midsommar est le plus réussi, dans son refus de tirer les grosses ficelles de la descente aux enfers ultra classique. Pas de montage clipesque
ou de course-poursuite dans les hautes herbes, le réalisateur prend un malin plaisir à laisser tourner la caméra, à étirer ses plans solaires. Et le malaise de s’immiscer même quand le soleil est au zénith. Car il ne s’agit pas tant de tout comprendre ou de s’attacher aux personnages, à leurs émotions, que de troubler le spectateur, de le perdre dans un univers perché mais poétique. Un véritable « art intellectuel » de l‘horror movie où la façon de faire voir importe plus que ce qu’on voit. Alors oui, concernant l’histoire en tant que telle, on reste forcément un peu sur sa faim. A l’instar des plans, le propos semble s’étirer pendant 2h27. Tout cela reste mignon dans l’ensemble, ça manque de croquant, sûrement pour éviter à tout prix la guillotinne économique du « moins de 16 ans ». N’en reste pas moins un film unique en son genre, à voir, pour sûr. 

Conclusion : à voir. 

Parasite


De : Bong Joon-ho
Avec : Song Kang-Ho, Lee Sun-kyun, Cho Yeo-jeong
2019

Toute la famille de Ki-taek est au chômage. Un jour, le jeune garçon trouve un emploi de professeur particulier chez les Park, une riche famille coréenne. L’occasion pour lui d’introduire sa mère, son père et sa soeur au sein du foyer en usant des plus insidieuses stratégies.

Peu nombreux sont les Palme d’or à avoir remporté l’adhésion du public et des professionnels du cinéma. Parasite fait partie de ces élus. A bientôt deux mois de sa sortie en salle, le film de Bong Joon-ho continue d’attirer le chaland en salle obscure (plus d’un million de spectateurs à ce jour). Pour cause, son drame tragi-comique sur cette famille d’imposteurs déterminée, coûte que coûte, à obtenir sa part du gâteau est brillant en tous points.

Dès la première scène, Bong Joon-ho donne le ton : Ki-taek tente de grappiller du Wifi gratuit dans le sous-sol insalubre où (sur)vit la tribu. Il y parviendra… près des WC. Côté spectateurs, on rit doucement, légèrement mal à l’aise de trouver de l’humour dans cette misère si peu fictionnelle. Et c’est là le tour de force de ce film pas aussi conventionnel qu’il semble l’être. Le brio réside dans cet équilibre magistral, suivi à la ligne tout du long entre éclats d’humour noir et arrière-fond dramatique. Pas de gros rire, mais du comique de situation, nuancé, égrené à travers une galerie de personnages subtils et jamais caricaturaux. La critique sociale est bien évidemment là, dans l’écart entre famille pauvre et famille riche, mais il n’est jamais forcé. Pas de manichéisme non plus, puisqu’aucun méchant n’est jamais vraiment désigné. Au fond, qui parasite qui ? Pas si simple, tant le scénario ouvre au fur et à mesure de nouveaux tiroirs dans un habile procédé de poupée russe. Les portes du cinéma franchies, la question reste en suspend, preuve de l’intelligence de l’écriture. Ingénieux, filmé avec élégance, un film à voir, sans nul doute.

Conclusion : A voir absolument

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The Beach bum


De : Harmony Korine
Avec : Matthew McConaughey, Snoop Dogg, Isla Fisher
2019

Cannette de bière vissée à la main, gros joint fiché au coin des lèvres, chemise bariolée XXL ouverte sur la banane, à Miami, Moondog est le roi du pétrole. Son pain quotidien ? La drogue, les filles, l’alcool. Quoi de plus normal pour celui qui a fait fortune grâce à sa… poésie.

Personne ne filme l' »American beach life » comme Harmony Korine. Déjà, dans Spring Breakers, le réalisateur nous envoyait une carte postale vitriolée des mésaventures d’une bande de filles en Floride. Un teen movie faussement provoque d’où émanait une drôle de poésie extraterrestre. The Beach bum partage ce même ADN. Libre et desinhibé, le film se présente comme un portrait loufoque de son personnage principal – un uluberlu drogué jusqu’à la moelle – dans son refus de construire toute vraie intrigue. Les tableaux se succèdent, tous plus dingues les uns que les autres (Matthew McConaughey qui fume un joint entre les orteils d’Isla Fisher, Snoop Dogg qui officie un mariage…), dans un montage jouant avec les limites de l’absurde. De fait, certains verront ici une vaste escroquerie où Matthew McConaughey se regarde jouer dans la surenchère sous l’oeil hilare de son metteur en scène. D’autres retiendrons plutôt la dimension pamphlétaire de cet OVNI cinématographique contre l’art contemporain, déclaré fumisterie intellectuelle.  Dans tous les cas, un beau bras d’honneur.

Conclusion : à voir. 

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The Upside

De : Neil Burger
Avec : Kevin Hart, Bryan Cranston, Nicole Kidman
2019

Faut-il encore pitcher l’histoire d’Intouchables du tandem Olivier Nakache et Éric Toledano ? Car pour ceux qui ne le sauraient pas, The Upside se présente comme le remake US du film français aux 19 millions de spectacteurs. Pour rappel, la comédie dramatique s’inspire de la relation surprenante entre un aristocrate tétrapégique et son auxilaire de vie, un jeune de banlieue fraîchement sorti de prison.

En apparence, peu d’intérêt à relire une histoire que l’on connait déjà, si ce n’est cette curiosité devant la belle brochette d’acteurs que voilà (Nicole Kidman, Bryan Cranston et surtout Kevin Hart, la star du rire US). A cela, s’ajoute le nom de Neil Burger (Divergent, l’Illusionniste, Limitless) à la mise en scène. Le ligne est lancée, il n’y a plus qu’à attendre que ça morde. 2h06 plus tard, le résultat est là, mi-figure, mi-raisin : The Upside suit très (trop) docilement la trame de son modèle et peine à atteindre son émotion. A l’inverse, cette nouvelle version s’avère curieusement beaucoup plus drôle que l’original. Merci à la verve de Kevin Hart, dont le bagou et le bon mot assure la bonne cadence du film. Plaisant.

Conclusion : pourquoi pas. 

Marie Stuart, Reine d’Ecosse


De : Josie Rourke
Avec : Saoirse Ronan, Margot Robbie, Jack Lowden
2018

XVIe siècle. La querelle entre protestants et catholiques s’apaise enfin entre l’Ecosse et l’Angleterre d’Elizabeth I, reine protestante (Margot Robbie). Mais c’est sans compter le retour de France de Marie Stuart (Saoirse Ronan), reine d’Ecosse de naissance, mais surtout catholique effrontée. A seulement 18 ans, la jeune veuve du roi de France François II entend bien récupérer sa place qui lui est due, quitte à rouvrir de vieilles blessures entre les deux pays.

A l’instar de l’histoire de France, l’histoire d’Angleterre s’offre comme une véritable corne d’abondance pour les scénaristes anglo-saxons. On ne compte plus les productions inspirées des frasques amoureuses d’Henri VIII d’Angleterre (de la bluette dramatique Deux Soeurs pour un roi à la très mordante série des Tudors). Dernièrement, la Favorite de Yórgos Lánthimos  offrait un portrait haut en couleur de la reine Anne (Olivia Coleman, oscar de la meilleure actrice). Le film dynamitant la tradition filmique des biopics léchés (comment oublier le majestueux dyptique Elizabeth de Shekhar Kapur) de par son surprenant cynisme.

Bref, tout cela se résume souvent à des destins de femme mis en scène par des hommes. En cela, Marie Stuart, Reine d’Ecosse se présente d’entrée sous un jour intéressant. Et pour cause, la réalisatrice britannique ne décolle pas sa caméra de son actrice-titre, Saoirse Ronan, brûlante en jeune reine impertinente. Certains plans, majestueux, font la part belle au corps de cette héroïne historique, tantôt enveloppée dans les paysages sauvages de l’Ecosse (sublime photographie), tantôt croquée dans l’intimité du déshabillage (fabuleux travail des costumes). Et c’est encore là où Josie Rourke est la meilleure. Dans son regard de femme posé sur le visage défigué de Margot Robbie, dans son aptitude à capter l’insolence dans le regard perçant de Saoirse Ronan. Dommage, dès lors, que la mise en scène, plutôt commune et sans éclat, n’offre par le carcan adéquat à ces points de vue. Monotone, le montage souffre d’un vrai laisser-aller en ce qui concerne la direction des autres acteurs (masculins en l’occurence). La majesté du biopic historique s’en retrouve ramollie, même si elle éclabousse suffisamment quelques scènes pour inscrire le film dans les mémoires.

Conclusion : à voir. 

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Mes musiques de film du moment : American Crime Story, If Beale Street pouvait parler…

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Dans ma voiture à 7h30 du mat’, dans mon salon le dimanche aprem’, que du bon son dans les oreilles. Et en ce moment, ce qui tourne en boucle, c’est ça. Une variété d’ambiances sonores. A chaque mood, son univers :

  • La musique cocoonique du dimanche :  This is Us (série)

Après une première saison incroyable, une deuxième saison mitigée et une troisième saison ennuyeuse, je reviens à la bande-son du début en écumant les morceaux chamallow de la playlist. L’artiste à retenir : Sufjan Stevens. Après une journée morose, rien de mieux que sa folk suave et les murmures de sa voix feutrée pour attenuer les tensions.

Top 3 des musiques de Sufjan Stevens : 

  • Carrie & Lowell
  • Should Have Known Better
  • Death with Dignity

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  • L’électro qui « réveille » : Bang Gang (film)

Cette petite pétite du cinéma français, passée inapercue sur Netflix, se présente comme un teen movie aux influences Sofia Coppola/Larry Clark. C’est pop, gentiment provoque et fort sympathique. Qui plus est, la bande-son vaut le détour. Que ça soit pour les pistes électro qui filent la pêche (Yo ! Dinamics scratched Remix de Donovans) ou les morceaux d’ambiance doucement psychédélique (Tracking Me de Clement Bazin). Mais je retiens surtout les compositions du groupe White Sea qui me réveillent respectivement à : 6h40 (la chanson Kook), 6h45 (I’d Rather Watch) et 6h52 (Gabriel’s Galaxy) le matin.

Top 3 des musiques du film : 

  • Yo ! Dinamics scratched Remix de Donovans
  • Tracking Me de Clement Bazin
  • I’d Rather Watch de White Sea

  • La musique qui fait palpiter le coeur : American Crime Story : the Assassination of Gianni Versace (série)

La seconde saison du docu-fiction Netflix American Crime Story revient sur l’assasinnat du célèbre couturier Gianni Versace. Une série à la mise en scène d’une majesté et d’une maîtrise folle, centrée sur le meurtrier : Andrew Cunanan (Darren Criss, Golden Globe du meilleur acteur pour le rôle). La scène d’ouverture est tout simplement stupéfiante : l’Adagio in G Minor du compositeur Mac Quayle est un orgasme auditif.

Top 3 des musiques de la saison :

  • Adagio in G Minor de Mac Quayle
  • Self Control de Laura Branigan
  • Drive d’Aimee Mann

Un extrait de la scène d’ouverture
  • La musique caressante pour le yoga : If Beale Street Could Talk (film)

Je l’ai déjà dis ici, If Beale Street Could Talk est un drame d’une mélancolie pénétrante qui ne laisse pas insensible. Et comme tout film à l’émotion à fleur de peau, la partition musicale y est pour quelque chose. Merci au compositeur Nicholas Britell pour son OST à l’instrumental au lyrisme déchirant. Douceur et lenteur. Parfait pour une session yoga at home.

Top 3 des musiques du film :

  • Eros
  • Eden (Harlem)
  • The Children of Our Age

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  • L’électro qui décoiffe : Climax (film)

La claque de 2018. Le deuxième visionnage est toujours aussi jouissif. La bande-originale est à l’image du film : azimutée, péchue, affolante. Le genre de son qui rappelle les ambiances surnaturelles de soirée, lorsque, sur les coups de 3h du mat, un parfum animal et moite soulève une foule fauve aux yeux éteints par l’alcool.

Top 3 des musiques du film : 

  • Supernature (Instrumental Climax Edit de Cerrone
  • Trois Gymnopedies (First Movement) de Gary Numan
  • Technic 1200 par Dopplereffekt

Un extrait de la scène d’ouverture

High Life : Robert Pattinson dans un trou noir

De : Claire Denis
Avec : Robert Pattinson, Juliette Binoche, Mia Goth
2018

Une époque indéterminée. Un homme à l’âge incertain prend soin d’un bambin dans le silence sinistre d’une station spatiale déserte. Visiblement, il s’agit des derniers survivants d’une mission qui a mal tournée.

Compliqué d’esquisser les contours narratifs de cet OVNI qu’est High Life. Claire Denis semble perchée haut, très haut, toisant le spectateur de son pied d’estale de réalisatrice nébuleuse. Car elle seule détient le secret de cette étrange histoire dont on ne comprend pas grand chose. Si bien que lorsque le nom de Robert Pattinson s’affiche sans crier gare après 1h34 de film, il faut faire l’effort de rassembler les pièces du puzzle. Les quelques bribes de dialogue dissiminés ici et là, bien que opaques, aident à raccrocher les wagons : Juliette Binoche, sorte de médecin fou lubrique, tente de perpetuer la race humaine coûte que coûte parmi un équipage composé de tête brûlées (Mia Goth en tête, en habituée des rôles de fille zarbi). De là, naît une pléiade de scènes déroutantes à la limite du grotesque : trips sexuels, accès de violence, allers-retours dans le temps ridicules et déambulations contemplatives s’entrelacent tout du long.
On perçoit ici la patte de la réalisatrice indé dans cet approche très happening de la pellicule, mais rien à faire : la sauce ne prend pas. Thriller érotico-philosophique sur la génétique  ? Survival movie ? Huis-clos sociologique ? Impossible de trancher. High Life restera dans les limbes.

Conclusion : à éviter.

Comme si de rien était (all good)


De : Eva Trobisch
Avec : Aenne Schwarz, Andreas Döhler, Hans Löw
2018

Alors qu’elle rentre d’une réunion d’anciens de promo, Janne (Aenne Schwarz, aussi troublante que diaphane) se fait violer par un ancien camarade. Le lendemain matin, la jeune femme fait comme si de rien n’était. Débute alors une longue traversée en solitaire pavée de mensonges, de dissimulations et de silences.

Comme si de rien était. Un titre français pour un premier film allemand dont l’intitulé original (et anglais) est beaucoup plus parlant : All Good (« Tout va bien »). La réponse passe-partout par excellence, celle qui fait toujours bien pour Janne, éditrice au chômage, ni belle, ni moche, dont la vie ressemble à n’importe laquelle. On l’aura compris, la force de ce drame de l’intime ne repose pas tant sur son pitch scabreux, digne d’un fait-divers tristement banal, que sur cette femme qui représente n’importe qui et donc tout le monde à la fois. En misant sur le procédé de l’identification et en refusant les gros ficelles du drama, Eva Trobisch livre une histoire à l’émotion vraie. Un réalisme d’autant plus prégnant qu’à l’écran, comme dans la vraie vie, le manichéisme n’existe pas. Le violeur n’est pas forcément le sale type détestable. Le petit-ami n’est pas forcément l’épaule empathique. De ce jeu de nuances naît le malaise et le flou permanent qui flotte entre les personnages. Parfois dispensable, comme pour le personnage de Robert, peu intéressant, mais en tout essentiel au sujet.

Conclusion : à voir. 

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