teen movie

90’s

De : Jonah Hill
Avec : Sunny Suljic, Katherine Waterston, Olan Prenatt
2018

Stevie, 13 ans, est en manque de repères. Fils cadet d’une jeune mère célibataire, il ne peut pas vraiment compter sur son grand frère, ce dernier ne manquant pas une occasion pour lui taper dessus. Une seule solution, regarder du côté de la rue et d’un groupe de skateurs, plus cools que cools.

Ce premier film de l’acteur Jonah Hill ne laisse pas indifférent. Déjà, de par sa dimension intimiste puisqu’il s’inspire directement de l’enfance du réalisateur en herbe. Ensuite, parce que cette intimité est portée aux nues par une réalisation sans fioritures. Le format (16mm) et la durée (1h25) offrent à ce beau portrait d’adolescent un écrin à la simplicité rafraîchissante. La bouille du jeune Sunny Suljic (Stevie à l’écran) accroche d’entrée la sympathie du spectacteur qui suit dès lors avec beaucoup d’intérêt ses premiers pas dans la cours des grands. Entre premières taffs et tentatives attendrissantes de « faire cool », le garçon émeut au fur et à mesure que le film avance. Modeste et honorable.

Conclusion : pourquoi pas

33

Assasination nation


De : Sam Levinson
Avec : Odessa Young, Suki Waterhouse, Hari Nef
2018

Salem, ville tranquille. Lily (Odessa Young, parfaite) et ses copines mènent une existence ordinaire d’adolescentes de 2018, entre mentions Instagram et feed Twitter, jusqu’au jour où les données personnelles du maire de la ville sont hackées. Première victime d’un assassin virtuel des plus ambitieux. Mais qui se cache derrière ce vandale 2.0 ? Que la chasse aux sorcières commence.

Dès les premières minutes, Assassination Nation cloue le spectacteur à son siège. Les mots « Violence », « Meurtre », « tentative de viol », ou encore « Racisme » sont placardés à l’écran en majuscules dans un rythme épileptique. Le spectateur est prévenu. Ceux qui s’attendaient à un cru hollywoodien rose bonbon ne vont pas être déçus du voyage. Pourtant, le film démarre doucement. Une voix off du futur, celle de Lily, nous prend par la main pour remonter le temps.

La première partie déroule les péripéties émotionnelles (et sexuelles) de Lily et de ses copines. Entre le lycée et la maison, les  gossips et les parents. Un tableau de la jeunesse d’aujourd’hui over connected capturée avec une certaine langueur. Entre le pastel et le néon, la photographie, sublime, confère contre toute attente une certaine poésie contemporaine à ces sneakers colorées et ces visages poupins. Ça a beau parlé sale (les dialogues salés se chargent d’épicer le rythme), on est scotché par la crew. 
Puis les ennuis commencent pour Lily. Le hacking contamine toute la ville. Le rythme s’accélère, le film prend un nouveau tournant, s’éloignant du teen un brin Coppola pour empoigner le blockbuster façon the Purge. Violent, mais finalement pas si trash que ça, on avance avec une légère déception vers le déjà-vu. Mais c’est sans compter les plans caméra  de Sam Levinson, aussi immersifs que bluffants. Entre la catharsis pop et le teen movie acide, Assassination Nation électrise, gifle, émoustille entre deux « ping » de notification. Une réussite.


Nerve

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De : Henry Joost, Ariel Schulman
Avec : Dave Franco, Emma Roberts,Emily Meade
2016

Pour prouver à sa meilleure amie Sydney (et au monde) qu’elle n’est pas la fille timide et passive que tout le monde croit, la discrète Vee (Emma Roberts) s’inscrit à Nerve, un jeu online qui cartonne auprès des ados. Le principe est simple : le ou la participant(e) doit se soumettre en temps réel – et sous le joug d’un temps imparti – à des défis proposés par les internautes en échange d’une rémunération.

Mixez le film Unfriended (teen movie 2.0 sur le danger de bitching sur les réseaux sociaux) avec la série Black Mirror (pamphlet acide et inégal sur notre relation aux nouvelles technologies) et vous obtiendrez Nerve, blockbuster électrique calibré pour le box-office. Sans faire mal au cerveau, la machine marche plutôt bien et tient ses promesses. Un divertissement au ton moralisateur plutôt light, avec une poignée de moments cocasses, quelques scènes d’action et de brèves pulsions d’adrénaline. Le contrat est rempli.

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Festival de Cannes 2016 : American Honey

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De : Andrea Arnold
Avec : Shia LaBeouf, Riley Keough, Sasha Lane
2016

Ni Dieu, ni maître, ni limites. Dans American Honey, le miel de la jeunesse US tourne au vinaigre. Caméra vagabonde, la réalisatrice suit le road-trip sauvage d’une bande de teens sans repaire ni repères, motivée par un seul objectif : « racketter » le plus possible de billets verts en vendant des abonnements de magazine en porte-à-porte.

Plus poétique qu’un Larry Clark, moins allumé qu’un Harmony Korine, le cinéma d’Andrea Arnold trouve intelligemment sa place au milieu des géants marionnettistes du cinéma indépendant adolescent. Son American Honey livre une peinture XXL d’une jeunesse underground paumée, déchet d’un American Dream périmé, essayant tant bien que mal de se construire. Cette construction personnelle, Star, héroïne solitaire à la mélancolie solaire, la cherche comme tous les autres de la troupe. Sur la route, dans les bras du magnétique et confus Jake (Shia LaBeouf, en rythme), toutes les occasions sont bonnes à prendre pour arracher un brin de bonheur, de rêve, d’amour. Trouver son rêve peut-être ? Une quête d’espoir souvent sordide (à chaque état traversé sa scène glauque tirée des entrailles du terroir) mais toujours touchante, déployée, hélas, par le prisme d’une mise en scène frôlant l’indigestion. Là où le bâs blesse c’est dans l’excès : musique provocante à tire-larigot, jungle de personnages, plans répétés… Le récit prend le large, l’émotion, l’eau. On sort de la salle l’esprit paisible et peu secoué, paradoxe étonnant au vu du spectacle bien pessimiste auquel on vient d’assister.

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