Willem Dafoe

The Florida Project

De : Sean Baker
Avec : Brooklynn Prince, Bria Vinaite, Valeria Cotto
2017

La Floride, ses plages clinquantes, ses palmiers de carte postale et sa misère sociale. A l’ombre de Disney World, des motels où s’entasse à l’année la classe moyenne basse, celle qui vit d’économie de bout de chandelles. Là, vit Moonee (Brooklynn Prince), 6 ans, et sa mère Halley (Bria Vinaite).

The Florida Project porte bien son nom, celui d’un projet : ouvrir les yeux du spectateur sur une autre réalité. Inutile dès lors d’essayer de broder de belles histoires avec des rebondissements, de l’action, ou de l’émotion en carton-pâte, puisqu’on frôle ici le documentaire. Ainsi, niveau réalisation, Sean Baker a choisi de faire au plus simple. Sa caméra circule de long en large dans les corridors encombrés de vélos d’enfants, lorsqu’elle ne s’installe pas dans le capharnaüm de la chambre de motel de Moonee et sa mère. Pas de misérabilisme pour autant, juste le quotidien d’une fillette dont l’espièglerie crève l’écran. Car ici les enfants acteurs improvisent et ça se sent : les dialogues spontanés se mêlent aux rires des gamins trop contents d’obtenir des glaces gratuites à force d’astuce. A cela, s’ajoute la bonhommie d’un gérant (Willem Dafoe, parfait). On toucherait presque à la farce si la fin, véritable coup de poignard, nous rappellait pas que l’innocence a toujours une fin.

Conclusion : à voir

Mississippi Burning


De :  Alan Parker
Avec : Gene Hackman, Willem Dafoe, Frances McDormand
1988

Mississippi, années 60. Alors que Martin Luther King gagne du terrain dans tout le pays, le comté de Jessup County campe sur ses positions ségrégationnistes, n’hésitant pas à faire disparaître 2 activistes menaçants et 1 habitants noir encombrant. Deux membres du FBI débarquent pour éclaircir l’affaire : Rupert (Gene Hackman), ancien shérif gouailleur du Sud, et Alan (Willem Dafoe), jeune premier à la tête de l’enquête.

En dépit de son nombre d’années au compteur, ce film d’investigation à dimension politique n’a en rien perdu de son caractère, bien au contraire. Brûlant écho à des événements pas si lointains (pour ne citer que Ferguson, en 2014), Mississippi Burning dresse le portrait authentique d’un terroir américain hostile, débroussaillé par le charisme palpitant d’un Gene Hackman très en forme. La machine scénaristique est bien huilée, et l’intrigue, au diapason avec une bande sonore très série B, embarque sans effort le spectateur dans la noirceur de son enquête.