Mois: février 2015

American Sniper : don’t mess with Bradley


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De : Clint Eastwood
Avec : Bradley Cooper, Sienna Miller, Luke Grimes
2014

Perché, concentré, Chris Kyle (Bradley Cooper, hallucinant) guette, l’oeil fixe. Dans son viseur, une femme voilée et un petit garçon. Le petit dernier couve une bombe. La tension est palpable, même pour la “Légende”, le sniper le plus meurtrier des Etats-Unis.

En ouvrant son film sur cette scène clé du trailer, Clint Eastwood donne le ton. Le ton d’un suspense moite, implacable, expiré à chaque scène armée. Du dépucelage guerrier aux “victoires” de Kyle, on respire à peine, immergé dans l’itinéraire de ce surdoué de la visée. Eastwood est comme un poisson dans l’eau sur le territoire des SEALs et ça se sent : la mise en scène des opérations militaires est redoutable de précision.

On respire quand même, quand le réalisateur déplace sa caméra du côté de l’intime, de la vie à la maison. Le psycho s’engouffre un peu plus, l’humain perce la carapace de la violence et l’émotion s’infiltre. Chris Kyle devient attachant car finalement plus fragile que n’importe qui (la scène de la télévision éteinte est particulièrement percutante). Alors que la promesse d’une guérison transparaît, le rideau tombe : Chris Kyle, héros de guerre ou meurtrier ? Un être humain, c’est peut-être tout.

Anecdote : le vrai Chris Kyle a dit un jour que si un film devait être fait sur son parcours, seul Clint Eastwood devrait le réaliser. 

Mister Babadook

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De : Jennifer Kent
Avec : Essie Davis, Noah Wiseman, Daniel Henshall
2014

Depuis la mort tragique de son époux, Amelia (Essie Davisse bat pour joindre les deux bouts. Au travail de deuil difficile s’ajoute l’éducation de son fils Samuel, petit garçon turbulent, angoissé et violent. Un soir, un étrange livre tombe entre les mains d’Amelia.

Avec Mister Babadook l’australienne Jennifer Kent montre qu’elle n’ rien a envier à ses confrères Américains. Son film d’horreur surpasse (et de loin) les productions hollywoodiennes bien huilée aux gros plans de poignées de porte et autres crissements. La mise en scène, épurée et humble, s’oublie pour mettre en exergue le duo nerveux mère-fils (le jeune Noah Wiseman, bluffant) tendu à l’extrême du début à la fin. Et la menace est là, mystérieuse, presque invisible, tapis dans l’enfance et l’angoisse maternelle. Cela suffit. L’imagination de chacun se charge bien du reste.

 

Catacombes

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De : John Erick Dowdle
Avec : Perdita Weeks, Ben Feldman, Edwin Hodge
2014

Scarlett (Perdita Weeks) n’a qu’un seul objectif : trouver la pierre philosophale coûte que coûte. Une façon de rendre hommage à son père décédé, obsédé de son vivant par cette quête archéologique.  Une quête qui va mener Scarlett et ses acolytes au plus profond des entrailles de Paris : les catacombes.

Une archéologue en herbe part à la recherche d’un objet mythique dans le but de concrétiser le rêve de son père. L’idée de base n’est pas révolutionnaire : Indiana Jones et Lara Croft ont déjà emprunté ce chemin. Reste la promesse efficace d’un bon claustro-movie tendance parigot filmé en found-footage. Sur ce point le contrat est à moitié rempli. La mise en scène est correcte et le scénario révèle une dimension symbolique franchement intéressante. Mais là où le bât blesse, c’est dans l’enfilade de clichés si grossiers que l’on croit apercevoir l’ombre d’un Scary Movie. Oups.