Day: 6 novembre 2015

Mon Roi, ma bataille

2015_10_26_LB_Chroweb-LB-Mon-Roi

De : Maïwenn
Avec : Vincent Cassel, Emmanuelle Bercot, Louis Garrel
2015

L’amazone du cinéma français revient sur le devant de la scène avec une petite bombe : Mon Roi, ou la pépite cannoise de 2015. Les réminiscences de Tony (Emmanuelle Bercot, prix d’interprétation) qui, le temps d’une convalescence suite à un accident de ski, se souvient de sa passion destructrice avec Georgio (Vincent Cassel), l'(ex) homme de sa vie.

Maïween. Pour certains, cinéaste grande gueule, porte-drapeau d’un féminisme pompeux et hystérique, adepte de la satire sociale bruyante et stéréotypée. Pour d’autres, femme de génie à l’oeil aiguisé et au style éloquent. En somme : une réalisatrice qui déchaîne les passions.

La passion justement, cette montagne russe des larmes et du rire, du bonheur et de la dépression. Caméra à l’épaule, Maïween nous embarque dans ce grand huit plus intimiste que sensationnel, où la douleur du coeur côtoie celle du corps (la métaphore filée de la convalescence est un peu facile, mais poignante) dans un battle amoureux subjuguant. Il faut voir l’irrésistible Vincent Cassel et son personnage qui brouille les frontières entre fiction/vraie vie, et Emmanuelle Bercot, en lutte permanente avec elle-même, avec lui, avec tous les autres. Tous les ressorts de la relation dominant-dominé, de l’amour carnivore, sont égrainés avec une fluidité féroce scène après scène.
Et pourtant, en lieu et place du vertige attendu (surtout après le médusant Polisse), un calme stoïque, celui du spectateur. Parce que la prise de position n’est jamais claire (chacun est à la fois victime et coupable), parce que le pathos menaçant est percé par des pointes d’humour bien senti. Notes de légèreté  nécessaires contre cette passion broyeuse de vie. 

Anecdote : le film a reçu une standing ovation de 8 minutes à l’issue de sa projection à Cannes.