Mois: février 2016

Crimson Peak

crimson

De : Guillermo del Toro
Avec : Tom Hiddleson, Jessica Chastain, Mia Wasikowska
2015

XIXème siècle. Edith (Mia Wasikowska) est une jeune femme brillante en avance sur son temps, un esprit libre et lettré. Mais lorsque son chemin croise celui du charmant Thomas (Tom Hiddleson) et de son énigmatique soeur Lucille (Jessica Chastain), la belle baisse sa garde pour se laisser happer par une romance très particulière.

Une ambiance gothique teintée de fantastique, une photographie en clair-obscure saisissante, un bad boy au passé ombrageux, une romance à la Edgar Poe… On se croirait presque dans un film de Tim Burton. Guillermo del Torro va même jusqu’à réquisitionner Mia Wasikowska, héroïne burtonienne au visage lunaire d’Alice aux Pays des Merveilleux. Pas de lapin blanc ici, mais une sombre histoire d’argent, de famille et d’amour enrobée dans des faux-semblants. Si l’atmosphère gothique est enivrante, le trio d’acteurs s’essouffle à vivifier un scénario plutôt mince. Une histoire qui de par son rythme maitrisé fait oublier le manque cruel d’épaisseur des personnages.

des-fantomes-figurants

La source des femmes

la-source-des-femmes_392116_26049

De : Radu Mihaileanu
Avec : Leïla Bekhti, Hafsia Herzi, Hiam Abbass
2011

Alors qu’elle revient de la source où elle va puiser l’eau avec les autres habitantes du village, Leïla (épatante Leïla Bekhti) assiste à la fausse couche d’une des femmes, victime d’une chute en chemin. Leïla décide alors de lancer une grève générale de l’amour pour sensibiliser les hommes à la dangerosité du périple quotidien.

Chants joyeux et cris de joie explosent au village. Un bébé vient de naître au moment même ou un autre meurt dans le tabou le plus absolu. Le premier tableau de la Source des Femmes, d’une ampleur folle, donne le ton à ce drame engagé, à cette révolte féminine étouffée contre le poids du patriarcat et des traditions. Priver les hommes de sexe pour qu’ils aillent eux-même chercher l’eau dans la montagne. Le procédé de Leïla peut choquer par sa bestialité archaïque en opposition à la portée avant-gardiste de son objectif : faire fléchir le sexe fort.
Si la grève sexuelle s’inscrit comme le canevas du récit, d’autres intrigues viennent s’y tisser avec amertume et douceur (l’histoire d’amour de la cocasse Esmeralda, le conflit de Leïla avec sa belle-mère…). Autant de petites histoires qui pointent du doigt les entraves des femmes et qui finissent par étaler un peu trop grossièrement le propos.

la-source-des-femmes_392125_5264

J’ai tué ma mère

FILM - I Killed My Mother_0

De : Xavier Dolan
Avec : Xavier Dolan, Anne Dorval, François Arnaud
2009

Le premier film du prodigue québécois, écrit par le cinéaste-scénariste à l’âge de 16 ans seulement. Le film de la révélation, le début des hostilités cinéphiles entre la mère (Chantal, parfaite Anne Dorval) et le fils (Hubert, Xavier Dolan, au diapason avec sa complice).

Tuer la figure maternelle. Un precepte psychanalytique très fort abordé ici à travers le prisme de la métaphore. Pas de meurtre sanglant à prévoir, mais de sévères volées de mots crachés à la figure du fils et de la mère tout au long du film. La raison du conflit ? Il n’est jamais clairement défini. L’enfance douloureuse, le divorce des parents, l’homosexualité… autant de motifs développés en filigrane mais jamais énoncés nettement comme causes de la colère volcanique de Hubert envers sa mère. Qui a raison ? Qui a tort ? Comme toujours chez Dolan, la victime se confond avec le coupable. L’ado se veut sensible, capricieux, puéril, attachant, quand la mère se fait égoïste, touchante, sympathique. Une pelote emmêlée de troubles, de traumas, d’émotions fortes. L’adolescence finalement ?

48353

Elizabeth

elizabeth_golden_age_704 
DeShekhar Kapur
Avec : Cate Blanchett, Geoffrey Rush, Joseph Fiennes
1998

XVIème siècle. Marie Tudor, reine d’Angleterre catholique, est mourante. En dépit des protestations de la cour, c’est Elizabeth, sa demi-soeur protestante et descendante directe, qui accède au trône. 

De par son magnétisme imposant et sa stature naturellement fière, Cate Blanchett embrasse sans effort cette figure héroïque, féministe d’avant-garde qui a marqué le début de l’Age d’Or. De la jeune fille volatile à la reine-vierge dominatrice, l’actrice tricote avec adresse et subtilité son personnage le long de la trame historique. Une performance sans débordement pour un film de costumes claustrophobique (peu de scènes d’extérieur) et soigné. 

elizabeth3