De : Sherry Hormann
Avec : Antonia Campbell-Hughes, Thure Lindhardt, Amelia Pidgeon
2013
2006. Le monde entier découvre le visage de Natascha Kampusch. Celui d’une jeune femme kidnappée enfant sur la route de l’école et qui passera 8 ans séquestrée dans le sous-sol dissimulé de son ravisseur, Wolfgang Přiklopil, avant de pouvoir s’en évader.
Dans son livre expiatoire éponyme, la vraie Natascha Kampusch matérialise par les mots cette enfance brisée, ce calvaire inimaginable. Du verbe à l’image, il n’y a qu’un pas, que franchit la réalisatrice américaine habituée aux destins écorchés vifs de personnalités publiques (en témoigne sa poignante et trop méconnue Fleur du Désert). Ici, la matière brute est d’une puissance telle, que la mise en scène s’efface docilement au profil des dialogues qui claquent, des relations corporelles bavardes. Les scènes, courtes et sèches, ne laissent aucune place à la psychologie sirupeuse. L’image froide, celle du visage d’une petite fille dodue ou encore d’un simple portail entrouvert, remplace tous les artifices. De manière qu’il est impossible au spectateur de se laisser hypnotiser par l’idée de fiction. Implacable.


