(Panic) Room

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De : Lenny Abrahamson
Avec : Brie Larson, Jacob Tremblay, William H. Macy
2016

Joy (Brie Larson) et son fils Jack (Jacob Tremblay) vivent enfermés dans une chambre depuis la naissance de ce dernier. Alors que le petit garçon célèbre ses 5 ans entre quatre murs, Jo prend conscience qu’il est grand temps d’élaborer ensemble une stratégie d’évasion.

Ne vous laissez pas embobiner par son titre de thriller horrifiant à la Kubrick. Room est un drame filial d’une sensibilité vertigineuse sur la relation mère-fils qui débroussaille avec une fraîcheur rare les chemins balisés de l’amour maternel, sujet grossièrement pompé par la machine hollywoodienne à coups de films catastrophes et d’enfants malades. Le postulat de départ frôle pourtant le tire-larmes facile : scénario inspiré de faits divers glauques (l’affaire Natascha Kampusch par exemple) et figure de la mère courage prête à tout pour protéger sa progéniture. 

Mais c’était sans compter l’alchimie éclatante entre l’impressionnante Brie Larson et le jeune Jacob Tremblay, dont les dialogues savoureux – fruits des interrogations tristement naïves mais drôles du jeune garçon – éblouissent la trame sombre. Au fur et à mesure que la tragédie originelle se décante, l’étau se resserre pourtant autour du duo, libéré à la moitié du film. Plus la caméra laisse respirer les corps, plus les plans s’élargissent, et plus Jack – mais surtout Jo – suffoquent de par cette liberté nouvelle mais asphyxiante. La Room physique laisse alors place à la Room mentale. En cela, le scénario, d’une intelligence rare, aborde avec finesse la remise en liberté d’un être humain élevé en captivité dans tout ce qu’elle implique, arpentant à ce point là du récit les arcanes complexes de la psychologie à l’état pur. Finalement les lumières s’allument et le spectateur sort lui aussi de sa room. Ivre de liberté et d’angoisses. 

Anecdote : afin de s’imprégner au mieux des conditions de vie propres à la séquestration, Brie Larson n’a pas hésité à s’isoler du reste du monde durant un mois et à suivre un régime strict. Poussée par un souci de réalisme, la comédienne a tenu à ne pas se laver le visage ni à être maquillée lors du tournage des scènes dans la petite pièce.

© Laëtitia Pinon

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