Mois: août 2016

Making a murderer (série Netflix)

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De : Moira Demos, Laura Ricciardi
Avec : Steven Avery, Brendan Dassey
2015

1985. Steven Avery, Américain moyen du Comté de Manitowoc, est arrêté et reconnu coupable d’agression sexuelle sur une joggeuse. En 2003, après 18 ans de prison, Avery est innocenté grâce à un test ADN, technologie nouvelle à l’époque. 2005, il est de nouveau sous les feux de la justice qui le suspecte d’avoir assassiné une jeune photographe, Teresa Halbach. Reconnu coupable, il est condamné cette fois à perpétuité.

Disons-le tout de suite : Making Murderer n’a strictement rien à voir avec Faites entrer l’accusé. À commencer par la forme, puisque ce « documentaire judiciaire » filmé sur près de 10 ans révèle un projet d’investigation colossal disséqué sur 10 épisodes de plus d’1h pour certains. Car ce qui frappe de premier abord ici, c’est la maîtrise formelle absolue des réalisatrices. Leur faculté à scénariser une affaire judiciaire qui fait encore polémique aujourd’hui, à la rendre tour à tour troublante, émouvante, fascinante, palpitante, à la manière d’une série US à succès. Retournements de situations, témoins à forte personnalité, séquences de procès passionnantes… la série adapte les mécanismes les plus chiadés de l’industrie hollywoodienne à ce qui est la plus pure réalité.

Steven Avery est-il coupable ou innocent ? Victime d’un complot judiciaire monstrueux ou assassin au regard d’ange ? Making a Murderer questionne et intrigue sur cette affaire qui reste aujourd’hui encore bien obscure. Un vrai coup de maître.

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Steven Avery escorté.
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Dean Strang et Jerome Buting, les charismatiques avocats de Steven Avery.
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Ken Kratz, procureur du district du Comté de Calumet, accusation dans l’affaire du meurtre de Teresa Halbach.

Bird People

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De : Pascale Ferran
Avec : Josh Charles, Anaïs Demoustier, Radha Mitchell
2014

Un hôtel au pied de l’aéroport Charles de Gaulle. Lieu de transit, sas de décompression morne et étouffant, bloqué entre deux ailleurs. Là, deux destins croisés. Celui de Gary (Josh Charles), américain aisé (mais surtout blasé) en voyage d’affaires, et celui d’Audrey (Anaïs Demoustier), jeune femme de chambre endormie par son quotidien.

Plus qu’un décor inspirant, l’hôtel joue ici un personnage à part entière, révélant avec clarté une dimension troublante sur ces établissements censés apporter le repos. Mélancolie, anxiété, torpeur, remise en question brutale sur la vie… La caméra de Pascale Ferran retranscrit justement les symptômes ressentis par Gary. Là ou elle échoue, c’est dans son passage tranché au récit d’Audrey. Peu de fluidité entre les deux histoires et l’impression désagréable d’assister au raccord de deux courts-métrages, ou presque. La poésie se fait brouillonne, entravant le rythme, s’accouplant avec un silence suggestif interminable. Résultat, Bird People ne parvient jamais à prendre son envol, se mordant la queue et se complaisant dans la métaphore de ces deux protagonistes perdus dans les limbes de la vie.

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