Mois: septembre 2016

Strange circus (Kimyô na sâkasu)

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De : Sono Sion
Avec : Masumi Miyazaki, Issei Ishida, Rie Kuwana
2005

Un père, une mère, leur fille. Un triangle familial dans lequel les relations ne devraient pas être ce qu’elles sont, où l’horreur, le vice, la jalousie, la folie se partagent la scène en toute impunité, macérant au fil des années dans le cerveau de Mistuko, fille et victime de parents terribles.

Inutile d’en dire trop sur l’intrigue de Strange Circus. Son titre (réducteur) suffit à lui seul à résumer ce thriller psychologique féroce et sans fard, mené tambour battant par une perfection d’écriture des plus rares. Mise en scène frissonnante, voix-off enfantine, gimmick musical… Sono Sion prouve une fois de plus les trésors d’inventivité du cinéma asiatique dans le registre Un vrai manège de l’horreur où le spectateur s’embarque avec un plaisir coupable, récit labyrinthique ponctué de doutes et d’interrogations, jusqu’à son dénouement, d’un sublime effroi.

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Malcolm X

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De : Spike Lee
Avec : Denzel Washington, Angela Bassett, Delroy Lindo
1992

Le biopic colossal et opulent de la petite crapule de province devenu l’ardent défendeur des droits de l’homme, et en particulier de ceux des Noirs d’Amérique.

Tout le monde le sait : Spike Lee est un réalisateur engagé, très engagé envers la communauté afro-américaine. Si Malcolm X est la profession de foi de sa carrière (fascinante pour certains, dérangeante pour d’autres de par le surlignage du propos), c’est surtout une oeuvre passionnante de 3h13. Des coups d’éclat du jeune noir qui veut en découdre avec la vie, à ses premiers pas maladroits en politique, le réalisateur illustre, étape par étape, la métamorphose du lascar en grand homme à coups de passions, trahisons, passions et beaux discours. Une transformation progressive auquel se calque la mise en scène, tantôt nerveuse et hachée pour traduire la fougueuse jeunesse, tantôt apaisée et étirée pour refléter la sagesse intérieure et extérieure du leader. Au diapason, Denzel Washington (la ressemblance est troublante!) compose une palette de jeu évolutive et trouve là l’un des plus grands rôles de sa carrière. Seul hic, un ton parfois un peu trop formel chassant toute émotion.

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