
De : Houda Benyamina
Avec : Oulaya Amamra, Déborah Lukumuena, Kevin Mishel
2016
Deena (Oulaya Amamra, très juste) en a marre d’être en galère d’argent. Prise au piège dans sa cité avec pour seule compagnie sa mère (alcoolique) et sa BFF Maimouna (Déborah Lukumuena, touchante), l’effrontée veut décrocher le jackpot, l’oseille, la piscine et la ferrari. Et qu’importe s’il faut se salir les mains.
On a souvent rapproché Divines à Bandes de filles. Facile, une banlieue (et les souffrances et les difficultés qui vont avec), des personnages féminins qui ont du chien, et une réalisatrice derrière la caméra. Mais la comparaison s’arrête là. Plus haché et plus speed, le film de Houda Benyamina est aussi un cran plus cru dans son réalisme social que son concurrent (dont on se rappelle surtout les purs moments de grâce, l’énergie pétillante qui éclatait le désespoir). Pas de réalisation au cordeau dans ce drame-là (on se serait bien passé de l’incartade romantique vraiment gauche), mais des dialogues bruts, comme pour réduire la distance entre fiction et réalité, cinéma et actualité. Un parti pris matérialisé dans une scène finale à glacer le sang, d’une ironie sans équivoque, qui rappelle que les happy ending ne sont réservées, parfois, qu’au cinéma.










