Mois: Mai 2017

Life


De : Daniel Espinosa
Avec : Ryan Reynolds, Rebecca Ferguson, Jake Gyllenhaal
2017

Une équipe d’astronautes installée à bord de la station internationale tente de ramener à la vie – à leurs risques et périls – une cellule récupérée sur Mars.

Quiconque se rend en salle obscure pour voir Life n’y va clairement pas pour l’originalité de son scénario, sinon pour savourer – non sans sadisme – le combat de Jake Gyllenhaal et autre Ryan Reynolds pour rester en vie. À partir de là, force est de constater que le boulot est soigné : rythme prenant, séquences nerveuses, pics de tension, plans appliqués… Daniel Spinosa, bon élève, suit la recette du film d’aliens à la perfection, mais sans impro. Les aficionados du genre apprécieront.

Anecdote : lors d’une interview, Ryan Reynolds s’est vu interrogé sur son attitude en cas de rencontre avec un alien. L’acteur a répondu qu’il essayerait de montrer à la créature qu’il n’est pas une menace en maintenant ses mains près du sol et en chuchotant.

The Circle

De : James Ponsoldt, Sheldon Schwartz
Avec : Emma Watson, Tom Hanks, John Boyega
2017

Mae (Emma Watson), random girl discrète et altruiste, se voit offrir la chance de sa vie : intégrer Le Cercle, entreprise technologique la plus puissante au monde. Campus ultra moderne, atmosphère de travail régulée par les réseaux sociaux, employés surconnectés… un paradis artificiel presque parfait ?

Mettre en perspective le système tentaculaire du géant Google à travers la fiction pour mieux en dégager les menaces. Le sujet de The Circle, adaptation d’un roman de SF, ne manque pas d’interêt. Abolition de la vie privée, tyrannie du « tout-control », manipulation des données… Les conséquences abordées au fil de l’histoire paraissent tellement plausibles qu’elles en deviennent effrayantes. Dommage, dès lors, que cet épisode de Black Mirror à rallonge (en moins incisif) ne trouve pas en la mise en scène la propulsion nécessaire à son propos. Le démarrage est un peu lent, et les acteurs manquent cruellement de poigne. On attendait une gifle, on se contentera donc d’une petite claque.

Anecdote : The Circle est dédié à Bill Paxton. Il s’agit en effet du dernier film de l’acteur qui décédera d’une opération du coeur juste avant la sortie en salles.

The Lost city of Z


De : James Gray
Avec : Charlie Hunnam, Sienna Miller, Robert Pattinson
2017

Début du XXème siècle. Percy Fawcett, colonel britannique, accepte une mission : établir la cartographie des frontières entre le Brésil et la Bolivie. Plongé avec son équipe dans l’enfer de l’Amazonie, Perçy découvre la preuve d’une civilisation enfouie. Les traces d’une cité historique qu’il tentera coûte que coûte de suivre toute sa vie.

Une histoire vraie digne d’un épisode d’Indiana Jones. La destinée incroyable d’un explorateur obstiné, prêt à tous les sacrifices personnels au bénéfice de la découverte. Sur le papier, le propos subjugue autant qu’il interroge. Comment mettre en scène une telle odyssée sans vomir un blockbuster léché ? James Gray, cinéphile ascendant impressionniste, trouve ici la bonne approche. En tressant avec une douceur inouïe poésie de l’image, actions, et émotions des visages, le cinéaste dresse, touche par touche, une fresque narrative aux accents Malickiennes. Bien sûr, le rythme n’esquive pas les moments de décélération. Mais c’est pour mieux déployer le charisme vocal de Charlie Hunnam, laisser s’épanouir les dialogues des regards entre le père, le fils, la mère, jusqu’à la séquence finale, de toute beauté.

Anecdote : le réalisateur a écrit à Francis Ford Coppola pour obtenir des conseils en ce qui concerne le tournage dans la jungle. Coppola lui a répondu en trois mots : « N’y vas pas ». La même réponse que ce dernier a reçu de la part de Roger Corman lorsqu’il lui a lui-même posé la question pour le tournage d’Apocalypse Now.