Mois: août 2017

The Beguiled – Les Proies


De : Sofia Coppola
Avec : Kirsten Dunst, Nicole Kidman, Colin Farrell
2017

La guerre de Sécession. Un pensionnat pour jeunes filles au fin fond de la Virginie qui se tient en dehors des conflits. Et une vie paisible bientôt bouleversée par le recueil d’un soldat blessé mais surtout ennemi.

Prêtresse de la mélancolie féminine, directrice aux mains d’argent lorsqu’il s’agit de récréer la poésie des alcôves, Sofia Coppola s’est pourtant éteinte ces dernières années. Après un Bling Ring en toc et un Somewhere incolore, Les Proies s’annonçaient comme le grand retour. Un sujet-signature (celui de la femme entêtante aux prises avec le masculin), mais surtout un casting en or (Kirsten Dunst, Nicole Kidman, Elle Fanning, Colin Farrell). Et pourtant… l’ennui.
Ce remake poudré du film de Don Siegel fait l’effet d’une peinture morte d’un fait divers, tant l’anorexie semble ici dominer à tous niveaux (rythme contemplatif sans interêt, personnages décharnés, psychologie embryonnaire, etc). Seule prédomine la diarrhée verbale qui, loin de dynamiser une mise en scène rigide, condamne l’ensemble. Sans s’attendre à un duel survolté à la Hollywood entre l’individu (Colin Farrell, soldat esseulé) et le collectif (une bande de femmes dévorées par un trop plein de désir), on espérait un revenge movie calfeutré certes, mais pulsé. La prochaine fois ?

Anecdote : la scène où Nicole Kidman fait la toilette à Colin Farrell a nécessité de nombreuses prises. En cause, la lumière de l’après-midi qui influait sur la photographie de la scène. L’actrice nettoyait le comédien depuis près de 2h quand la scène fut enfin bouclée.

Emelie


De : Michael Thelin
Avec : Sarah Bolger, Carly Adams, Thomas Bair
2015

Un couple sort au restaurant célébrer leur anniversaire de mariage. À la maison, trois mouflets et Anna, la nouvelle nounou recommandée par l’habituel baby-sitter, indisposée ce soir-là. Un visage d’ange pour des arrières-pensées diaboliques.

D’entrée, Emelie s’affiche comme l’une de ces productions de seconde zone dont Netflix a le secret. Le type même du thriller rapide (1h20 au compteur) et balisé que l’on visionne par manque de temps avant d’aller se coucher. Mise en scène platonique, personnages esquissés à la va-vite, scénario usé jusqu’à la corde, et pourtant, à la surprise générale, ça fonctionne. En un temps record, ce petit film bien huilé parvient non seulement à accrocher l’attention du spectateur, mais aussi à developper un climat psychologiquement dérangeant. En cause, un réalisme simple mais perçant (pour ceux qui ont déjà fait du baby-sitting) et le jeu, malin, de Sarah Bolger, hélas coupée dans son élan par une fin pressée par le chronomètre.