Mois: octobre 2017

Ça (It)


De : Andrés Muschietti
Avec : Bill Skarsgård, Jaeden Lieberher, Jeremy Ray Taylor
2017

Derry, ville maudite où tous les enfants disparaissent les uns après les autres, à commencer par Georgie, le petite frère de Bill. Épaulé par ses 6 inséparables amis (le club des Losers), ce dernier décide de mettre les grandes vacances à profit pour ratisser les égouts de la ville. Bill étant persuadé que Georgie est encore en vie, quelque part, sous la coupe de Grippe-sou, un monstrueux clown.

Pas un mois ne se passe sans qu’on entende parler de Stephen King, la poule aux oeufs d’or des producteurs. On se rappelle vaguement de la mini-série 22/11/63, adaptation éponyme du roman uchronique sur l’assassinat de Kennedy (diffusé en 2016 via Hulu, rival de Netflix). Mais c’est surtout Castle Rock que les fans de l’auteur attendent de pied ferme. Cette série ambitieuse – prévue pour 2018 – orchestrée main dans la main avec J.J.Abrams, développera tout l’univers narratif labyrinthique du colosse littéraire. En attendant, 2017 est marqué par Ça, dont le succès peut se résumer aux 550 millions de dollars de recettes mondiales déjà encaissés (pour comparaison, Valerian a enregistré 220 millions de billets verts).

Deux petites lettres pour un bestseller de la littérature horrifique écrit en deux volumes dans les années 80, massacré en 1990 en téléfilm, et honoré en 2017 par la caméra respectueuse d’Andrés Muschietti (à qui l’on doit le frissonnant Mama avec Jessica Chastain). Cette fois, pas d’aller-retour nauséeux entre l’adolescence et l’âge adulte des protagonistes. Le réalisateur se concentre sur le premier bouquin et ça fonctionne : catapulté dans l’Amérique vintage de la fin du XXème siècle (la photographie est superbe), le spectateur se glisse naturellement dans les rangs de cette bande de gamins écorchés par les adultes (présents à l’écran dans le seul but d’exprimer une certaine laideur métaphorique). Des personnalités attachantes, drôles et colorées, auxquels répond des dialogues caustiques. Les punchlines cinglantes fusent entre deux jump scare (merci à Bill Skarsgård), le rire et le frisson s’alternant avec la régularité d’une horloge pendant près 2h (la mise en scène, très binaire, a du mal à tenir sur la longueur).
Tendre, effrayant, nostalgique et extraordinairement bien casté, Ça trouve sa place entre la douceur amère d’un Stand By Me et le fantastique rétro de Stranger Things. Entre rires et cauchemars, histoires de copains et problèmes de parents, une tranche d’enfance réussie, tout simplement.

Anecdote : Bill Skarsgård s’est entrainé avec un contorsionniste pour incarner le clown Grippe-sou. Un rôle-clé convoité par Hugo Weaving, mais finalement remporté Skarsgård pour sa faculté à jongler entre les caractères enfantin et terrifiant du clown, contrairement à son collègue, plus confortable avec la terreur.