
De : Joe Wright
Avec : Gary Oldman, Kristin Scott Thomas, Lily James
2017
Winston Churchill ? Le premier ministre du Royaume-Uni, un homme bedonnant et bonhomme sans cesse représenté avec un barreau de chaise fiché au coin des lèvres. Un personnage important de la Seconde Guerre Mondiale, voilà tout. A Gary Oldman la charge de réveiller notre mémoire brumeuse et de redonner ses lettres de noblesse à cette icône de la politique anti-Hitlérienne.
Disons-le tout de suite : Les heures sombres n’est pas un Discours d’un roi. Même si les deux films partagent des caractéristiques communes (biopic historique, mise en scène très british, tête d’affiche britannique) et vont même jusqu’à faire rencontrer les deux personnages, Winston Churchill et George VI (le roi bégayant donc) dans une poignée de scènes. Si Tom Hooper préfère explorer les déboires intimes de son roi, Joe Wright, lui, préfère arpenter les coulisses feutrées de la politique britannique à une période charnière du pays : mai 1940. Le pays doit-il prendre parti contre l’Allemagne nazi ou rester en dehors du conflit ? Pour Churchill, la réponse est dans la première proposition. Reste à rallier une armada de vieux politicards décrépis à sa cause pendant… 2h.
Du discours au parlement, du discours au cabinet de guerre, du discours à la chambre des députés… Impossible de ne pas bailler devant tant de verbiage politique ininterrompu. Car tout, dans les heures sombres, expire l’académisme pompeux, et ce n’est pas le montage monocorde aussi plombant qu’un cours de fac’ magistral qui dira le contraire. A qui s’adresse ce film ? Pas au grand public en tout cas, tant il est dédaigné par le manque cruel d’émotion, la portée opaque des dialogues haut perché. Quant au choix d’un acteur mainstream (Gary Oldman et son CV marqué par Harry Potter ou encore The Dark Knight), il ne suffit pas à balayer l’austérité de la réalisation. Et l’interprétation haute en couleur et habitée de s’escrimer à donner un semblant de punch à ce drame morose, antipathique et hermétique. A éviter.
Anecdote : d’après Gary Oldman, 26 membres de la famille de Churchill ont assisté à la première du film à Londres. 17 d’entre eux s’étaient rendu précédemment sur le tournage.














