2016

Festival de Cannes 2016 : The Strangers (Goksung)

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De : Na Hong-Jin
Avec : Kwak Do Won, Kunimura Jun, Hwang Jung Min
2016

Un petit village de Corée, une série de meurtres sanglants plutôt étranges et un dégonflé de policier chargé de l’enquête. Le synopsis de ce thriller de 2h36 ne laissait présager rien de bien original. Et pourtant. Cadavres d’animaux, chamisme en folie et morts-vivants : le Goksung (The Strangers) de Na Hong-Jin envoie du lourd. Une plongée terrifiante (et surprenante) dans l’ésotérisme asiatique. A vos ceintures.

II faudra attendre de passer la première partie digne d’une série B (bouffonne et plaisante certes, mais un peu ennuyeuse) pour assister à la métamorphose fulgurante de The Strangers en film policier puissant à l’écriture ciselée, l’enquête prenant corps quand le sergent ventripotent voit sa propre fillette menacée. Dès lors, le rythme s’emballe, le riche univers du folklore coréen déploie ses trésors empoisonnés, l’intrigue, d’une surprenante maîtrise, gagne en intensité au fil des minutes. Béat, le spectateur se régale d’un florilège de cadrages scabreux mais grisants, d’une tripotée de scènes horrifiantes (dont celle sensationnelle de l’exorcisme du chaman) mais jamais gratuites. Avec une habilité déconcertante, Na Hong-Jin aligne rebondissement sur rebondissement jusqu’au final, haletant. Une mise en scène aboutie – qui fait penser à du Fincher – additionnée au savoir-faire asiatique en matière de manipulation de l’effroi : pas étonnant que cette production coréo-américaine fasse des étincelles.

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