Cinema

Nouveau départ (We bought a zoo)


De : Cameron Crowe
Avec : Matt Damon, Scarlett Johansson, Elle Fanning
2011

Ben (Matt Damon, que diable allait-il faire dans cette galère ?), jeune veuf traumatisé par la perte de son grand amour, décide de racheter un zoo à l’abandon. Une nouvelle qui fait la joie de sa fille, la petite Rosie, et le désespoir de Dylan, l’ado revêche de la maison.

Nouveau Départ affiche le profil type du drame familial sirupeux, innocent et mignon du dimanche soir en deuxième partie. Des bons sentiments sucés jusqu’à la moelle et un discours irréaliste (n’importe qui peut s’improviser propriétaire d’un zoo à condition de signer tout sourire des chèques de 10 000 dollars) font le sel de ce drame tiré d’une histoire vraie. Pas désagréable, à condition de laisser son sarcasme au placard et de se laisser porter par la joie de vivre de la tribu.

Personal Shopper


De : Olivier Assayas
Avec : Kristen Stewart, Lars Eidinger, Sigrid Bouaziz
2016

Maureen est personal shopper pour le compte d’une célébrité. Entre deux boutiques de luxe à Paris, la jeune femme tente d’établir un contact avec son frère jumeau, ancien médium mort brutalement.

Le deuil, ce sas de (dé)compression entre la vie et la mort, période fragile où la frêle Kristen Stewart (subjuguante beauté froide, omniprésente à l’écran) se laisse engloutir petit à petit par son refus de laisser partir sa moitié. Après le nombriliste et décevant Sils MariaOlivier Assayas livre un drame aux accents fantastiques d’une pudeur étouffée mais pas platonique. Silencieux mais jamais ennuyeux, son Personal Shopper s’apprécie comme une métaphore évanescente du chagrin. Le glissement final vers le thriller, tout en filigrane, apporte le sursaut nécessaire pour assurer, jusqu’au bout, la concentration du spectateur.

The Founder

De : John Lee Hancock
Avec : Michael Keaton, Laura Dern, Patrick Wilson
2017

Pourquoi l’histoire du créateur d’un site web (ou celui d’une marque d’ordinateur) serait-elle plus intéressante que celle de l’homme qui bâtit le plus grand empire de la fast food, et, de manière plus insidieuse, bouleversa l’industrie alimentaire à l’échelle mondiale ?

À chaque révolution, ses histoires un peu sales, son côté pile, son coté face. Et MacDonald’s, roi du Big Mac, n’échappe sûrement pas à la règle. Du moins, c’est ce que tend à démontrer John Lee Hancock à travers ce biopic ronronnant à taille humaine, abordant l’odyssée du géant jaune par le biais du parcours de Ray Kroc (Michael Keaton, comme un coq en pattes), commercial miteux mais opportuniste de haut vol. Mais ici, pas de David contre Goliath ou de manichéisme souligné, et c’est bien là le plus intéressant. Le réalisateur privilégie une certaine neutralité sèche, incarnée par un protagoniste ni antipathique, ni vraiment sympathique non plus. Contre toute attente, c’est la morale (tout droit sortie d’un livre de développement personnel) qui l’emporte : à homme persévérant, rien d’impossible. Pas même s’approprier l’affaire juteuse des frères McDonald’s ni même les déposséder de leur propre nom de famille. Un biopic coriace mais surtout efficace.

Anecdote : un jour de tournage particulièrement éprouvant, Michael Keaton, généreux, n’a pas hésité à louer deux camions de crème glacé pour récompenser l’ensemble de l’équipe du film.

Noël, plus adulte que jamais ?

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Bad Santa (2003) de Terry Zwigoff

Les salles de cinéma, à moitié vides ou à moitié pleines ? Ce qui est sûr, c’est que depuis le 13 novembre les salles obscures n’ont jamais aussi bien porté leur nom. Ce Noël a un goût acide, presque déplacé : il réveille le Grinch grinçant qui sommeille en nous. L’envie d’en découdre avec ce chamallow bling-bling, ces rires en carton-pâte, ces personnages musicaux à s’en taper la tête contre le mur.

L’émotion pure, authentique, la rage sentimentale, l’union des coeurs. Voilà ce qu’on retrouve accroché dans notre calendrier de l’Avent. C’est Angelina Jolie et Brad Pitt, couple à la ville comme à l’écran, qui s’échinent avec passion pour être (bien) ensemble dans Vue sur mer. C’est Jennifer Lawrence, femme au courage viscéral, seule contre tous dans Joy. Et que dire d’Anaïs Demoustier et Jérémie Elkaïm, dont l’amour sanguin brûle tous les interdits dans Marguerite et Julien ? Oui, Noël ne nous aura jamais paru aussi adulte, aussi humain finalement.

Mais une humanité invincible, ou presque, capable de soulever des montagnes. Ce qui signifie, pour Tom Hanks, négocier à lui seul la libération d’un pilote américain espion dans Le Pont des espions. Pour Stacy Martin, survivante de l’extrême, c’est braver l’épreuve du feu, faire entendre sa pulsion de vie au milieu du chaos indien dans le retentissant Taj Mahal. Un bras d’honneur à la mort que reprend avec brio Margherita Buy dans le sophistiqué Mia Madre, drame loufoque où le vivant combat sans relâche la mort.

Se battre pour les autres, pour soi, mais célébrer la vie, surtout. Noël, tout simplement.

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Le Grinch (2000) de Ron Howard

A l’est d’Eden de John Steinbeck

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L’histoire : 
L’histoire de la famille Trask, développée de génération en génération, racontée à travers la vie de figures masculines marquantes, du grand-père Trask, figure dominatrice, à ses fils Charles et Adam, jusqu’aux jumeaux de ce dernier, Caleb et Aaron. L’odyssée d’une famille américaine de la fin du XIXème siècle à la Première Guerre mondiale. En bref, un roman d’une ambition folle, adapté au cinéma par le réalisateur Elia Kazan. Mais peut-on vraiment parler d’adaptation ?

Mon avis : 
Comme chacun sait, il y a des chefs d’oeuvre intouchables de la littérature, d’un génie si sacré, d’une ambition si vertigineuse, qu’il serait impie de les remettre entre les mains versatiles du cinéma. Qu’importe pour le réalisateur grec, qui se réserve le droit de charcuter l’oeuvre en quatre parties de John Steinbeck (prix Nobel de littérature), pour se concentrer uniquement sur la dernière tranche : l’ultime génération.

A l’écran, des jumeaux  : Caleb (James Dean), le taciturne, le mauvais, l’insolent, et Aaron (Richard Davalos), le fils prodigue, la fierté de la famille. Le premier cherche à s’attirer les bonnes grâces d’un père grognon, cherche à connaître la vérité sur sa mère disparue. Le second et bien… rien. Il est là, brillant, amoureux fou de la curieuse Abra (Julie Harris), mais accessoire, ou presque. Comment apprécier un tel flou scénaristique ? En se focalisant sur le tempérament de Caleb, sur ses ténèbres, ses actes manqués, le réalisateur passe sous silence les tenants et aboutissants de personnages majeurs (Adam, Cathy…) voire absents (Lee), et avec eux, leurs liens héréditaires qui font l’essence même du récit. Car tout le sel de l’oeuvre originale réside dans ce terreau familial longuement tourné et retourné, à coup de sentiments contrariés génétiques, de drames étouffés, sous-entendus au gré de répliques flash-back lancées dans le vide au fil du film. Des personnages sans passé, et donc sans consistance, fantômes sur pellicule d’une « adaptation » manquée, de par son choix de cueillir un mince rameau d’un arbre grandiose. Reste un portrait cinéphile de toute beauté du talent de James Dean.

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Pour qui ? 
– Pour ceux qui veulent découvrir l’écriture d’un des pontes de la littérature américaine. 
– Pour ceux qui ont été fascinés par la performance de James Dean, et qui souhaitent mieux comprendre la psychologie torturée de son personnage.
– Pour les lecteurs avides d’histoires fleuves. 
– Pour les lecteurs fascinés par l’Amérique et par son héritage rural. 

Points forts
– Une écriture fluide, riche en images et en sensations, qui transforme la lecture en pur moment de délectation. 
– Un roman qui n’a pas pris une ride et qui reste passionnant, 63 ans après son écriture. 
– Des personnages très différents, extrêmement intéressants de par leur histoire personnelle.
– Un livre qui se lit sur la longueur, avec passion, et qui par conséquent dure plus d’une semaine. 
– Un prix très abordable pour la durée de lecture : 7€90.

Points faibles
– Quelques passages sur l’Histoire, utiles pour remettre le récit dans le contexte politique de son époque, mais légèrement ennuyants. 
– Il n’y a pas vraiment d’intrigue, avec un début et une fin réelle (encore que c’est à débattre). Ce manque de rebondissements, de coups d’éclat et de suspense, peut décevoir certains lecteurs. 

Un conseil 
A l’Est d’Eden est comme une bonne bouteille. C’est un livre qui se déguste avec plaisir, lentement, mais sans ennui. C’est un portrait familial, tout simplement. 

 

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Boyhood

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De : Richard Linklater
Avec  : Ellar Coltrane, Patricia Arquette, Ethan Hawke
2014

L’histoire d’une famille racontée sur douze ans. D’un côté, les parents divorcés, Mason Sr. (Ethan Hawke) et Olivia (Patricia Arquette), de l’autre leurs deux enfants : Samantha (Lorelei Linklater) et Mason jr. (Ellar Coltrane).

Du point de vue de la forme, le travail de Richard Linklater est vertigineux. Son projet s’élève au dessus de toutes les difficultés liées au temps en instaurant une parfaite fluidité (dans les cadrages, les plans, les transitions) entres les années, au point de rendre le processus presque invisible. Mais au delà du pari formel, c’est surtout l’histoire qui nous touche. L’histoire de la vie, tout simplement. A chaque scène on attend la catastrophe, le déclencheur tragique, le twist inattendu,  en spectateurs habitués aux malices d’Hollywood que nous sommes. Ici, rien de tout ça. Dans Boyhood, la vie est présentée toute nue, sans artifices, sans pour autant se prétendre long fleuve tranquille. Et ça, ça fait du bien.

Exodus : du sang et des larmes

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De : Ridley Scott
Avec : Christian Bale,  Joel Edgerton, Ben Kingsley
2014
2h30. C’est le temps qu’il faut au réalisateur de Gladiator pour retracer le destin de Moïse, leader de l’Ancien Testament ayant mis fin aux 400 ans d’esclavage du peuple hébreu. Quotidien royal, plaies d’Egypte, Exode, écriture des dix commandements… le compte est bon.
Dans un nuage mêlant poussière, sang et lumière divine, Ridley Scott met en scène le combat de toute une vie, celle d’un meneur iconique résolument moderne. Exit les discours religieux pesants, les apparitions surfaites. Moïse (Christian Bale, transcendé) était avant tout un homme dépassé, torturé, confus, humain en somme. C’est là toute la richesse d’Exodus, péplum classique, époustouflant et grandiose par sa forme, et fresque intime, émouvant et introverti par son fond. Mais là où le réalisateur surprend, c’est dans l’art de personnifier ce lien, cette discussion entre la Terre et le Ciel, le visible et l’invisible. Pas de grosse voix caverneuse ici, mais un dialogue troublant entre Moïse et… un enfant. Un souffle divin qui, entremêlé aux notes de musique d’Alberto Iglesias, insuffle au film une énergie aussi renversante que touchante. C’est ce qui s’appelle finir l’année en beauté.
Anecdote : ce n’est pas la première fois que Christian Bale incarne une figure biblique. En effet c’est lui qui incarnait Jésus de Nazareth dans le téléfilm “ Marie, mère de Jésus” (1999).
 

Maris & Femmes

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De : Woody Allen
Avec : Woody Allen,  Mia Farrow, Liam Neeson
1992

Le jour où Sally (Judy Davis) et Jack (Sydney Pollack) annoncent leur séparation, c’est tout un monde qui s’écroule pour Judy (Mia Farrow) et Gabe (Woody Allen), amis de longue date du couple brisé.  Tel l’effet papillon,  la rupture va engendrer dans son sillage remises en question et  réflexions matrimoniales pour chaque membre du quatuor.

Maris & Femmes s’insère dans la digne lignée  de Manhattan et Annie Hall. Woody Allen y enfile son costume de psychothérapeute derrière la caméra et renoue avec son double d’écrivain torturé devant l’objectif. La crise de la quarantaine avec tout ce qu’elle engendre (peur de vieillir, crainte de la routine amoureuse, angoisses féminines et masculines) est une nouvelle fois au cœur de l’intrigue. Le problème c’est que l’analyse des rapports humains a beau  être toujours aussi fine et troublante  (la griffe W.Allen), l’ impression de déjà vue est ici bien trop écrasante.

 Le petit plus : reconnaissez-vous l’actrice qui incarne la mère de Rain (Juliette Lewis) à l’écran ? Il s’agit de Blythe Danner, plus connue pour jouer l’épouse de Robert de Niro dans la saga Mon beau-père et moi

Le Chemin : A la recherche du temps perdu

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De : Luciano Moura
Avec : Wagner Moura, Mariana Lima, Lima Duarte
2013

Theo est dans l’impasse. Sa femme Branca – qu’il aime toujours – le rejette. À l’instar de Pedro, son fils unique de 15 ans. Alors que les choses pourraient difficilement être pires, l’adolescent fugue soudainement. Theo part à sa recherche.

Le premier long-métrage du brésilien Luciano Moura porte bien son nom. Le chemin, c’est d’abord celui de la psychanalyse que choisit d’arpenter le réalisateur. Celui d’un père lambda se débattant avec l’hégémonie patriarcale. Theo étant lui-même brouillé avec son paternel, il est de sa responsabilité de démêler les noeuds de sa relation avec son propre fils pour désamorcer le conflit familial.

Un chemin plus mystique se dessine alors. Et le road-movie de se transformer en quête de la réconciliation, du pardon, mais aussi d’une certaine forme de Salut. Comme souvent, la route vers les retrouvailles est longue et tortueuse : rencontres humaines et difficultés techniques pavent ce parcours du combattant. Un parcours que le réalisateur choisit de raconter la caméra collée aux corps des comédiens. Dans un premier temps elle virevolte, furieuse, capture les scènes de manière rapide, comme pour retranscrire la panique ambiante. Et puis, au fur et à mesure que Theo taille sa route, les plans se stabilisent, s’étirent. Au diapason avec la réalisation, l’acteur Wagner Moura compose avec sa palette d’émotions. À l’interprétation nerveuse d’un père affolé, succède un jeu plus relaxé. Il en fallait pas moins pour illustrer ce touchant apprentissage d’un père nominé au festival de Sundance en 2012.

 

Anecdote : Luciano Moura est avant tout un homme de la pub. Le cinéaste a tourné plus de 400 spots publicitaires avant de se décider à mettre en scène son premier long-métrage, près de 20 ans après son court-métrage Os Moradores da Rua Humboldt. 

Eyjafjallajökull : un titre imprononçable est-il forcément synonyme de flop ?

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Eyjafjallajökull. Impossible de passer à côté de ce film cette semaine, puisqu’il s’agit de la dernière comédie portée par Dany Boon, acteur populaire s’il en est (et grassement payé selon Le Figaro : 3,5 millions d’euros). Le nom du célèbre volcan islandais est tellement difficile à dire pour les Français que l’équipe a distribué des buzzers dans les cinémas pour que le public ne se retrouve pas sans voix à la caisse. Ce choix étonnant s’est transformé en élément marketing, les affiches conseillant par exemple au public de simplement surnommer le film Le Volcan.

Alors, défi verbal raté et effrayant pour le spectateur ou prise de risque brillante et payante ? En observant la promotion décalée de cette comédie, on s’est demandé si les titres de films impossibles à articuler (ou plus largement difficiles à retenir) pouvaient freiner les recettes ou la réputation d’un long-métrage.

Un nom tel qu’Eyjafjallajökull peut-il décourager des spectateurs potentiels ? Un titre imprononçable est-il forcément synonyme de flop ? Un film mérite-t-il d’être au top quand il nous oblige à lutter contre le correcteur orthographique de notre smartphone ?

Voici quelques éléments de réponse avec 7 films aux titres tirés par les cheveux.

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Eyjafjallajökull d’Alexandre Coffre (2013) – Le titre Scrabble

Eyjafjallajökull ou l’arme redoutable à dégainer au Scrabble. La comédie d’Alexandre Coffre a le titre le plus imprononçable de l’année, et ce malgré une concentration infaillible !

Flop ou top ? Difficile de trancher pour l’instant puisque le film est seulement sorti la semaine dernière.

Côté top :  le titre incompréhensible n’a pas freiné les premiers spectateurs puisque Eyjafjallajökull prend la tête du box-office le jour de sa sortie avec 1 050 entrées pour 24 copies sur Paris. Entre vendredi dernier et dimanche soir, Le Volcan a attiré 461 196 personnes dans les salles, devenant dès lors le premier film français en tête du box-office à l’issue du week-end depuis 23 semaines.

Côté flop : pour en revenir à la journée de démarrage,  les premiers chiffres sont proches de ceux d’Un Plan parfait (1 122 personnes en première séance), la dernière comédie avec Dany Boon, qui a finalement attiré “seulement” 1,2 million d’entrées en fin de course (depuis le carton des Ch’tis, chaque comédie avec Boon est considérée comme un flop, mais il ne peut pas écouler 20 millions de tickets à chaque foi…).

Le titre bizarroïde continuera-t-il à intriguer les spectateurs dans les semaines à venir ? Les blagues les plus courtes sont souvent les meilleures à ce qui paraît…

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RRRrrrr !!! d’Alain Chabat (2004) – La monosyllbabe gagnante

Malgré son titre façon grognement de chien méchant, la comédie d’Alain Chabat se place comme la référence du film au titre étrange mais marrant à prononcer.

Flop ou top ? Moitié moitié. Sorti en 2004, RRRrrrr !!! se place au top des premières séances parisiennes pour sa journée de démarrage – devant Out of Time avec Denzel Washington ou encore Frères des ours – avec 3 089 entrées pour 29 copies. Plus rigolo que pénible à dire, RRRrrrr !!! est finalement plus ridicule à prononcer qu’handicapant. La preuve, le film terminera sa course avec 1 703 125 billets vendus. Pas mal, mais si loin des 14,5 millions d’entrées du précédent film de Chabat (Astérix et Obélix Mission Cléopâtre), que RRRrrrr !!! est à l’époque considéré comme un flop.

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Eternal Sunshine of the Spotless Mind de Michel Gondry (2004) – La gymnastique buccale

Malgré son réalisateur-scénariste 100% français, la comédie dramatique de Michel Gondry jouit d’un titre-phrase anglophone difficile à prononcer pour le français lambda.

Flop ou top ? Top Le drame amoureux un peu perché se place quatrième du classement lors de sa journée de démarrage (920 billets vendus pour 19 copies). Le film se place derrière des longs-métrages aux titres plus concis et faciles à placer à la machine à café (Vipère au poing, l’Enquête corse). Eternal Sunshine of the Spotless Mind termine sa tournée française en cumulant 655 656 entrées. Peu importe que ça soit moins bien que le titre poétique (et simple à retenir) de l’Ecume des jours, (865 823 tickets vendus en tout), puisqu’au final on dit simplement “Eternal Sunshine” pour parler du film. C’est mignon, aussi poétique et surtout pas bête.

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4 mois, 3 semaines, 2 jours de Cristian Mungiu (2007) – Le plus “puzzle”

3 mois, 2 jours et… 4 semaines ? Rien à faire, malgré l’ordre logique du titre, les chiffres et les mots s’emmêlent dans la tête.

Flop ou top ? Top. Un drame roumain indépendant un peu glauque, au titre emmêlé, qui enregistre 665 entrées pour 19 copies le mercredi de sa sortie. Il se place sur la troisième marche du podium derrière Mr Brooks et Ceux qui restent. Peu importe l’ordre compliqué puisqu’on a beau inverser les mots, tout le monde saisi tout de suite de quel film il s’agit. Pour cause, 4 mois, 3 semaines, 2 jours est une bête de scène : Palme d’or, Prix de l’Éducation nationale et Prix FIPRESCI à Cannes en 2007, Grand Prix au Festival international du film de Stockholm. La notoriété publique se fiche du titre Rubik’s cube. Le long-métrage attirera en tout et pour tout, 328 846 cinéphiles français.

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Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures) d’Apichatpong Weerasethakul (2010) – Le plus Doliprane

Il n’y a pas que le titre à rallonge qui est difficile à retenir. Ceux du réalisateur (Apichatpong Weerasethakul) et des acteurs (Thanapat Saisaymar, Jenjira Pongpas, Sakda Kaewbuadee) aussi.

Flop ou top ? Flop. Le film enregistre un très modeste score le jour de sa sortie (418 spectateurs pour 11 copies). A croire que la Palme d’Or ne réussit pas toujours à propulser son vainqueur. Un titre qui ressemble plus à une marque de riz et qui n’arrange en rien la réputation de film difficile du long-métrage. Christophe Carrière, de L’Express, considère ainsi qu’Oncle Boonmee “se prend trop au sérieux pour fédérer le plus grand nombre », quand  le quotidien 20 minutes, plus nuancé, précise qu’ “il n’y a pas de clé, au sens occidental du terme. Il ne faut pas essayer de comprendre. Juste se laisser envoûter et ça… ça marche ou ça casse ! ». Ce cher Oncle Boonmee attirera en tout 127 511 cinéphiles.

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In Girum Imus Nocte et Consumimur Igni de Guy Debord (1978) – Le plus mystique

Non il ne s’agit pas d’une formule d’Harry Potter mais bel et bien du titre du film du cinéaste et essayiste Guy Debord sur l’aliénation capitaliste de la société de consommation. Un titre sous forme de locution latine signifiant « Nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes dévorés par le feu ».  

Flop ou top ? Top. Un intitulé littéraire pour le dernier projet d’un révolutionnaire international encensé par la critique. In Girum Imus Nocte et Consumimur Igni est classé comme l’un des 250 meilleurs films de tous les temps selon la Presse d’après Allocine : Libération et Les Inrockuptibles donnent, entre autres, 5 étoiles. Normal, une esthétique noir et blanc, un propos subversif et un titre intello comme tiré d’un volet des aventures d’Indiana Jones : c’est forcément un top. Et puis dire que la dernière oeuvre d’un génie mort est un flop, c’est quand même bien moche.

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Koyaanisqatsi de Godfrey Reggio (1983) – Le plus kung-fu

Malgré son titre sous forme de cri de combat asiatique, Koyaanisqatsi est un film-documentaire écologique américain produit par Francis Ford Coppola. Le film fait figure de premier volet de la Trilogie des Qatsi.

Flop ou top ? Top : Koyaanisqatsi (à vos souhaits) s’est vu décerner le prix du public à la Mostra de cinéma de São Paulo en 1984 et fut projeté hors compétition lors de la sélection officielle du festival de Berlin en 1983. Qu’importe le titre étrange, puisque le docu est porté par la musique du compositeur Philip Glass, trois fois nommé aux Oscars. Pruit Igoe et Prophecy, deux thèmes du long-métrage, vont marquer les esprits au point d’être présents dans la BO du film Watchmen.