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The Lobster

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De : Yorgos Lanthimos
Avec : Colin Farrell, Léa Seydoux, Rachel Weisz
2015

Dans une société où il est formellement interdit d’être célibataire, David (Colin Farrell) rejoint un hôtel spécial où il dispose de 45 jours exactement pour tomber amoureux et se mettre en couple. Cas contraire, il se verra transformer en homard, l’animal qu’il a choisi.

S’il y en a un qu’on n’attendait pas dans cette dystopie loufoque, c’est bien Colin Farrell, lui qui semblait se prélasser dans des personnages vus et revus (Mademoiselle Julie, Un amour d’hiver, Dans l’Ombre de Mary…). En intégrant le casting du dernier OVNI du réalisateur grec (dont le prochain The Killing of a Sacred Deer réuni du beau monde, Nicole Kidman et Alicia Silverstone en tête), l’acteur livre une interprétation convaincante, celle d’un homme taiseux et paumé, piégé dans une chasse à l’homme et à l’amour sans merci. La mise en scène de glace, au diapason avec le propos funèbre, cultive le malaise avec un certain art. Tant on a l’impression d’observer des personnages-cobayes se débattre dans l’une de ces configurations psychologiquement cauchemardesques chère à Yorgos Lanthimos.

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The Box : petite boîte à surprises !

De : Richard Kelly
Avec : Cameron Diaz, James Marsden, Frank Langella.
2009

 
« Norma et Arthur, c’est un peu le couple de l’autre côté du miroir du couple américain type, à qui tout souri. Eux, ça serait plutôt l’inverse. Classe moyenne, loin des pimpants quartiers résidentiels, et des jolis parterres de gazon tondus, le couple vit dans un petit quartier qui paie pas de mine. La femme est une éclopée, et le mari voit filer sous son nez le poste tant convoité qui sauverait le ménage des fins de mois difficiles. Bref, on est loin du rêve américain. Mais c’est sans compter l’arrivée du mystérieux Mr Steward, et avec lui d’une petite boîte qui va bouleverser leur vie à jamais…

 

Pour son troisième film, le très prometteur Richard Kelly nous plonge dans un thriller de science-fiction captivant, sur fond d’une Amérique des années 50 un peu fade. Décalage historique qui ne fait que mettre en avant la portée critique du film, qui dresse le portrait cinglant de l’avarice et de l’égoïsme des hommes.  Car à travers la course à la rédemption de ce couple si banal, c’est en fait  toute une société dominée par le gain, que Kelly montre du doigt, et pas seulement celle des années 50.  De cette critique, le spectateur n’en perd pas une miette, assistant aux premières loges à la course effrénée que mène le couple  partagé entre son orgueil et sa culpabilité.

« The Box » insuffle  une énergie nouvelle et créatrice aux films de science-fiction, et dépoussière notre conception du suspense et du thriller (trop souvent assimilé à une musique grossièrement « angoissante » et aux respirations haletantes et bovines des personnages). N’alourdissant jamais le rythme, et évitant avec finesse une mise en scène redondante, Kelly signe un film intelligent, surprenant, basé sur une structure cyclique (comme dans « Donnie Darko ») qui fait travailler les neurones, mais qui est  légèrement égratigné par quelques flous au niveau du scénario. »

 

 

Anecdote : afin que les spectateurs puissent s’identifier au couple joué par Cameron Diaz et James Marsden, Richard Kelly a demandé aux deux comédiens de s’inspirer de… ses propres parents, avec qui ils ont passé du temps.

Les noces rebelles : Entre rêves et obligations.

De : Sam Mendes
Avec : Leonardo Dicaprio , Kate winslet, kathie Bates, David Harbour, Michael Shannon, kathryn Hahn
2009

 

« Amérique des années 50. Les Wheeler (Léonardo Dicaprio et Kate Winslet) sont un couple non conventionnel. Se pensant au-delà de tous clichés de la famille américaine type, ils se promettent un destin extraordinaire, loin d’une société abrutie par le conformisme et les apparences. Mais fuir au fond l’inévitable, va s’avérer beaucoup plus délicat que prévu…

 

Malgré un scénario d’apparence mince, centré sur l’idée peu révolutionnaire du couple en crise trompé et égaré à cause de l’échec, Sam Mendes réussit un véritable tour de prestige. Le réalisateur plonge le spectateur au plus profond de la spirale des sentiments et des souffrances humaines, et l’entraîne dans un huis clos étouffant, où la tension ne semble jamais tomber. Servi par un duo d’acteurs épatants dans leurs jeux d’émotions nuancés et puissants, et des seconds rôles habiles, les « Noces rebelles » s’avère être un film tout à fait troublant. Non seulement dans son excellence d’ensemble, mais dans la représentation de la crise. Crise aussi bien représentée dans l’image piquée d’ironie d’une société américaine ennuyeuse, que dans la description des conflits intérieurs présents dans chacun des deux partenaires. »

 

 

Anecdote  : Kristi  Zea, la chef décoratrice des « Noces rebelles », est particulièrement réputée. C’est à elle que l’on doit notamment les décors des « Affranchis » et du « Silence des agneaux ». Pour les décors des « Noces rebelles », elle s’est notamment inspirée, avec Sam Mendes, des oeuvres du peintre réaliste  Edward Hopper.