doutes

Making a murderer (série Netflix)

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De : Moira Demos, Laura Ricciardi
Avec : Steven Avery, Brendan Dassey
2015

1985. Steven Avery, Américain moyen du Comté de Manitowoc, est arrêté et reconnu coupable d’agression sexuelle sur une joggeuse. En 2003, après 18 ans de prison, Avery est innocenté grâce à un test ADN, technologie nouvelle à l’époque. 2005, il est de nouveau sous les feux de la justice qui le suspecte d’avoir assassiné une jeune photographe, Teresa Halbach. Reconnu coupable, il est condamné cette fois à perpétuité.

Disons-le tout de suite : Making Murderer n’a strictement rien à voir avec Faites entrer l’accusé. À commencer par la forme, puisque ce « documentaire judiciaire » filmé sur près de 10 ans révèle un projet d’investigation colossal disséqué sur 10 épisodes de plus d’1h pour certains. Car ce qui frappe de premier abord ici, c’est la maîtrise formelle absolue des réalisatrices. Leur faculté à scénariser une affaire judiciaire qui fait encore polémique aujourd’hui, à la rendre tour à tour troublante, émouvante, fascinante, palpitante, à la manière d’une série US à succès. Retournements de situations, témoins à forte personnalité, séquences de procès passionnantes… la série adapte les mécanismes les plus chiadés de l’industrie hollywoodienne à ce qui est la plus pure réalité.

Steven Avery est-il coupable ou innocent ? Victime d’un complot judiciaire monstrueux ou assassin au regard d’ange ? Making a Murderer questionne et intrigue sur cette affaire qui reste aujourd’hui encore bien obscure. Un vrai coup de maître.

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Steven Avery escorté.
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Dean Strang et Jerome Buting, les charismatiques avocats de Steven Avery.
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Ken Kratz, procureur du district du Comté de Calumet, accusation dans l’affaire du meurtre de Teresa Halbach.

A serious man (in a serious movie)

De :  Joel Coen, Ethan Coen
Avec : Michael Stuhlbarg, Sari Lennick, Richard Kind
2010

 

« Tout semble s’acharner contre le pauvre Larry  Gopnik. Absolument tout. Sa femme le quitte pour un de ses plus anciens amis, ses enfants l’ignorent, son voisin le terrorise, et un vendeur le harcèle au téléphone. Au bout du rouleau, l’insignifiant professeur de physique décide de consulter trois rabbins afin de comprendre cet acharnement de la Providence, et trouver une issue à ses problèmes.

La première scène, fracassante dans son esprit complètement barré propre aux frères Coen, nous plonge immédiatement dans une impatience jubilatoire. Le personnage de Larry, propret dans son petit costume de premier de la classe innocent des années 70, est tout simplement parfait dans le rôle de la victime (Michael Stuhlbarg, talentueux). Plus le film avance, plus le désarroi de Larry augmente, Larry, qui perd peu à peu son équilibre psychique face à une malchance envahissante et irrépressible. Si l’idée de suivre les mésaventures pathétiques et dramatiques du pauvre américain type nous offre un mesquin plaisir, le traitement lui, est ennuyeux à mourir. Du début à la fin, la progression du scénario semble inexistante, et se perd dans un surplus de subtilités que seuls les réalisateurs semblent comprendre. Si le principal moteur du film est celui de l’absurdité de la vie (néanmoins bien montrée), le tout manque cruellement de politiquement incorrecte et de mordant. Alors que le film semble enfin réellement démarrer, le générique apparait. Dommage. »

 

 

Anecdote : l’un des registres préférés des frères Coen est celui de la comédie dramatique. Avant Serious Man », ils s’étaient déjà illustré dans ce genre avec « Burn After Reading » (2008) ou « Ladykillers »(2004) en donnant une vision critique des États-Unis en mettant l’accent sur le cynisme des personnages face à des situations imprévues aux conséquences souvent dramatiques.