© La Cinémathèque française
Jusqu’au 14 février 2016 la cinémathèque française ouvre ses portes au réalisateur américain Martin Scorsese. Une exposition qui s’appuie majoritairement sur la collection privée du metteur en scène. Storyboards, pièces de costumes, extraits de scripts ou encore photographies de tournage retracent le parcours filmographique de cet enfant timide devenu génie incontesté du 7ème art.
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Mon avis :
Délicat et complexe de croquer avec justesse plus de 50 ans de carrière de l’un des pontes du Nouvel Hollywood. La notion d’héritage se présente comme le noyau central de l’exposition. C’est d’abord les liens filiaux, la relation forte et émouvante qu’entretient le réalisateur avec ses parents, actifs en coulisses comme à l’écran. Puis la transmission culturelle, l’idée d’un ADN italien qui irrigue avec fougue l’écriture des dialogues, la dynamique des scènes, et pimpe le jeu des acteurs. Les influences cinématographiques (de Hitchcock à Cassavetes) aussi, bien sûr, d’un étudiant en cinéma, d’un disciple devenu maître. En bref, un héritage pluriel, dense et vivace, qui perce dès ses premiers films.
Disséquer le passé pour mieux comprendre le cinéma de Scorsese aujourd’hui ? Oui et non. Oui, car l’exposition reste majoritairement focalisée sur une frange de longs-métrages cultes, mais anciens (Mean Streets, La Dernière Tentation du Christ, Raging Bull, Les Affranchis…). Le plaisir de redécouvrir des classiques, voire d’explorer des segments plus discrets (Kundun, Le Temps de l’innocence) pour mieux saisir le background, l’âme des films actuels. Non, car la rétrospective évoque assez brièvement (en comparaison) les dernières productions (Shutter Island, Le Loup de Wall Street ou encore Les Infiltrés). Un parti pris temporel qui peut laisser les plus jeunes spectateurs sur leur faim. Un sentiment que l’on retrouve lors de la visite de la boutique de l’événement, assez pauvre en souvenirs Scorsesien.
Informations utiles
Le tarif plein est de 12 euros, ce qui est relativement raisonnable. De plus, la cinémathèque française propose plusieurs nocturnes en semaine (de 18h à 22H), ce qui évite de se frotter à la foule du week-end (l’espace est relativement étroit). Un conseil : ne jetez pas vos tickets de cinéma MK2, car au dos il y a parfois une place gratuite pour l’expo (12 euros pour deux personnes, ça vaut le coup).
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