femmes

Bande de filles

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De : Céline Sciamma
Avec : Assa Sylla, Karidja Touré, Lindsay Karamoh
2014

La banlieue parisienne, ses règles, son ambiance, ses galères. D’un côté les filles, de l’autre les garçons. Tout ça, Marieme le connaît par coeur, elle vit avec. Mais quand la conseillère d’orientation lui refuse l’entrée en seconde, elle s’énerve. Et sa fureur attire vite l’attention d’une bande de filles.

« Bande de filles », au pluriel, pour l’histoire d’une fille, d’une seule : Marieme (Karidja Touré, convaincante). Adolescente coincée, paumée, isolée, attirée par l’idée rassurante du clan féminin comme un papillon vers la lumière. Le remède placebo contre une solitude qui, irrévocablement, la rattrapera toujours. Car si l’union fait la force, c’est à chacun de faire ses choix de vie. Cette réalité, Céline Sciamma la filme avec une justesse folle. La réalisatrice livre un portrait de femme(s) tissé de violences, à la fois dur et touchant, traversé par des éclats de pure beauté (la scène d’ouverture, la danse sur Rihanna). La mise en scène, au cordeau, évite avec finesse le mélodrame gluant ou le cliché forcé. Sa bande de filles racées, à la fureur de vivre fascinante et à la tête haute, captive.

Sex and the city 2 : Quatre nanas pleines d’avenir ?

De : Michael Patrick King
Avec : Sarah Jessica Parker, Kim Cattrall, Kristin Davis..
2010

 

« Après des mois de suspense insoutenable, un jeu de cache-cache de la production astucieusement médiatisé et un scénario confidentiel proche du secret d’État, « Sex and the city 2 » se hasarde enfin à sortir de l’ombre pour nous convier  dans les salles obscures.
2 ans se sont écoulés depuis que Carrie a enfin réussi à passer la corde au cou de l’éternel mister Big, et pourtant rien ne va plus au pays de la grosse pomme. Charlotte est piégée dans son rôle de super-maman et doit faire face à une nounou un peu trop sexy, Samantha se gave d’hormones pour esquiver la ménopause, et Miranda est en pleine crise professionnelle. Quant à Carrie, l’éternelle célibattante, elle se noie dans  un mariage qui lui échappe. Face à la crise, une seule solution semble possible : S’envoler pour Abu Dhabi pour des vacances entre filles.

C’est avec un plaisir non dissimulé que l’on retrouve nos quatre new-yorkaises fashionistas préférées, pimpantes et toujours aussi pétillantes la quarantaine passée. Michael Patrick King croque nos quatre héroïnes comme on aime. Entre deux tenues Chanel , Charlotte la sensible éclate en sanglots dans sa cuisine, Miranda l’acharnée du travail envoie balader son patron, et en un clin d’oeil on retrouve Samantha s’éventant sur un chameau en plein désert. Seulement passées les joies des retrouvailles, il n’y a plus rien à se mettre sous la dent. Le scénario, limité, tourne vite en rond car uniquement concentré sur le voyage à Abu Dhabi. Malgré un bon rythme de croisière, « Sex and the city 2 » sonne vite comme une gigantesque publicité à  paillettes de 2h26 promouvant une sorte de paradis arabe dégoulinant d’un luxe à la limite de l’écœurement en ces temps de crise.
À côté de la plaque, le réalisateur oublie les moments tendres, fragiles, qui font le charme de l’esprit « Sex and the city » et de ses héroïnes, qui demeurent avant tout des femmes comme les autres, loin des princesses bling-bling et hautaines présentées dans ce deuxième opus. Si les décors et la mode répondent  bien présent, la profondeur psychologique, elle, est profondément regrettée. On déplorera également l’absence cruelle de situations croustillantes et de l’humour cru qui ont donné ses lettres de noblesse à la série. »

 

 

 

Anecdote : Le Maroc, où l’on produit des films depuis 75 ans, a servi de «doublure» à Abu Dhabi. L’essentiel des prises de vues s’est déroulé à Marrakech, hormis une épique balade à dos de chameau filmée à la frontière du Sahara (sur un des lieux de tournage de « Lawrence d’Arabie »). Une fois installée à Marrakech, l’équipe a dû relever un nouveau défi logistique : tourner une scène de marché dans les rues étroites de la médina où se pressent en permanence des centaines d’autochtones et de touristes.