fuite

Martha Marcy May Marlene

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De : Sean Durkin
Avec : Elizabeth Olsen, John HawkesSarah Paulson
2011

Après avoir mystérieusement disparu de la circulation pendant 2 ans, Martha retrouve Lucy, sa grande soeur morte d’inquiétude, et Ted, le mari de cette dernière. Ce qu’ils ignorent, c’est que Martha s’est enfuie d’une secte dirigée par un gourou aussi dangereux que charismatique.

Joli coup d’éclat pour Sean Durkin, dont ce drame aussi perturbant que captivant, fait office de premier long-métrage. La fascination morbide de ce sujet original (les mécanismes psychologiques engagés par les sectes sur leurs victimes) est brillamment personnifié par l’interprétation au diapason d’Elizabeth Olsen (la révélation). Autre point fort du film, la construction de l’histoire sur le mode du diptyque (passé / présent), qui confère un vrai dynamisme au vécu de cette jeune brebis perdue parmi les loups.

Le Chemin : A la recherche du temps perdu

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De : Luciano Moura
Avec : Wagner Moura, Mariana Lima, Lima Duarte
2013

Theo est dans l’impasse. Sa femme Branca – qu’il aime toujours – le rejette. À l’instar de Pedro, son fils unique de 15 ans. Alors que les choses pourraient difficilement être pires, l’adolescent fugue soudainement. Theo part à sa recherche.

Le premier long-métrage du brésilien Luciano Moura porte bien son nom. Le chemin, c’est d’abord celui de la psychanalyse que choisit d’arpenter le réalisateur. Celui d’un père lambda se débattant avec l’hégémonie patriarcale. Theo étant lui-même brouillé avec son paternel, il est de sa responsabilité de démêler les noeuds de sa relation avec son propre fils pour désamorcer le conflit familial.

Un chemin plus mystique se dessine alors. Et le road-movie de se transformer en quête de la réconciliation, du pardon, mais aussi d’une certaine forme de Salut. Comme souvent, la route vers les retrouvailles est longue et tortueuse : rencontres humaines et difficultés techniques pavent ce parcours du combattant. Un parcours que le réalisateur choisit de raconter la caméra collée aux corps des comédiens. Dans un premier temps elle virevolte, furieuse, capture les scènes de manière rapide, comme pour retranscrire la panique ambiante. Et puis, au fur et à mesure que Theo taille sa route, les plans se stabilisent, s’étirent. Au diapason avec la réalisation, l’acteur Wagner Moura compose avec sa palette d’émotions. À l’interprétation nerveuse d’un père affolé, succède un jeu plus relaxé. Il en fallait pas moins pour illustrer ce touchant apprentissage d’un père nominé au festival de Sundance en 2012.

 

Anecdote : Luciano Moura est avant tout un homme de la pub. Le cinéaste a tourné plus de 400 spots publicitaires avant de se décider à mettre en scène son premier long-métrage, près de 20 ans après son court-métrage Os Moradores da Rua Humboldt.