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A serious man (in a serious movie)

De :  Joel Coen, Ethan Coen
Avec : Michael Stuhlbarg, Sari Lennick, Richard Kind
2010

 

« Tout semble s’acharner contre le pauvre Larry  Gopnik. Absolument tout. Sa femme le quitte pour un de ses plus anciens amis, ses enfants l’ignorent, son voisin le terrorise, et un vendeur le harcèle au téléphone. Au bout du rouleau, l’insignifiant professeur de physique décide de consulter trois rabbins afin de comprendre cet acharnement de la Providence, et trouver une issue à ses problèmes.

La première scène, fracassante dans son esprit complètement barré propre aux frères Coen, nous plonge immédiatement dans une impatience jubilatoire. Le personnage de Larry, propret dans son petit costume de premier de la classe innocent des années 70, est tout simplement parfait dans le rôle de la victime (Michael Stuhlbarg, talentueux). Plus le film avance, plus le désarroi de Larry augmente, Larry, qui perd peu à peu son équilibre psychique face à une malchance envahissante et irrépressible. Si l’idée de suivre les mésaventures pathétiques et dramatiques du pauvre américain type nous offre un mesquin plaisir, le traitement lui, est ennuyeux à mourir. Du début à la fin, la progression du scénario semble inexistante, et se perd dans un surplus de subtilités que seuls les réalisateurs semblent comprendre. Si le principal moteur du film est celui de l’absurdité de la vie (néanmoins bien montrée), le tout manque cruellement de politiquement incorrecte et de mordant. Alors que le film semble enfin réellement démarrer, le générique apparait. Dommage. »

 

 

Anecdote : l’un des registres préférés des frères Coen est celui de la comédie dramatique. Avant Serious Man », ils s’étaient déjà illustré dans ce genre avec « Burn After Reading » (2008) ou « Ladykillers »(2004) en donnant une vision critique des États-Unis en mettant l’accent sur le cynisme des personnages face à des situations imprévues aux conséquences souvent dramatiques.