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Top 10 des films sortis en 2015

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L’heure est venue de faire le bilan. Même si j’ai raté certains « grands » crus de l’année (The Lobster, Fatima, Sicario, le Fils de Saul…), même si mes vrais coups de coeur se comptent sur les doigts d’une seule main. C’est pourquoi les derniers titres de ce Top 10 tiennent plus de l’affection, voire de l’engouement, que du chef-d’oeuvre à mes yeux. Dans tous les cas j’ai choisi l’émotion personnelle comme critère de jugement premier. Peu importe si la forme est bâtarde, si le portrait global est grossier, si la critique publique a été (très) vilaine. Voici les 10 films qui ont dilaté mes pupilles en 2015. 

1/ Jurassic World par Colin Trevorrow
Pour le retour du film culte de mon adolescence. Mon Star Wars à moi.

2/ Joy par David O.Russell
Un drame sirupeux et féminin qui m’a subjugué.

3/ Mon Roi par Maïween
Pour la passion dévorante, pour ce beau salaud de Vincent Cassel.

4/ 50 Shades of Grey par Sam Taylor-Wood
Le plaisir coupable par excellence (et parce que j’ai lu les livres).

5/ Mad Max Fury Road par George Miller
Le spectacle visuel (et pyrotechnique) de l’année.

6/ American Sniper par Clint Eastwood
Pour la mise en scène classique mais maîtrisée de bout en bout de Clint.

7/ Broadway Therapy par Peter Bogdanovich
Une comédie fraîche et pétillante à la Woody Allen, un casting appétissant.

8/ La face cachée de Margo par Jake Schreier
La bonne surprise de cette année. Un teen movie mature (enfin) et pas vulgos (re-enfin).

9/ Wild par Jean-Marc Vallée
Une histoire vraie qui fait doucement réfléchir sur la vie.

10/ Foxcatcher par Bennett Miller
Un drame psychologique frigide et abrupt servi par la performance exceptionnelle de Steve Carell.
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Mon Roi, ma bataille

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De : Maïwenn
Avec : Vincent Cassel, Emmanuelle Bercot, Louis Garrel
2015

L’amazone du cinéma français revient sur le devant de la scène avec une petite bombe : Mon Roi, ou la pépite cannoise de 2015. Les réminiscences de Tony (Emmanuelle Bercot, prix d’interprétation) qui, le temps d’une convalescence suite à un accident de ski, se souvient de sa passion destructrice avec Georgio (Vincent Cassel), l'(ex) homme de sa vie.

Maïween. Pour certains, cinéaste grande gueule, porte-drapeau d’un féminisme pompeux et hystérique, adepte de la satire sociale bruyante et stéréotypée. Pour d’autres, femme de génie à l’oeil aiguisé et au style éloquent. En somme : une réalisatrice qui déchaîne les passions.

La passion justement, cette montagne russe des larmes et du rire, du bonheur et de la dépression. Caméra à l’épaule, Maïween nous embarque dans ce grand huit plus intimiste que sensationnel, où la douleur du coeur côtoie celle du corps (la métaphore filée de la convalescence est un peu facile, mais poignante) dans un battle amoureux subjuguant. Il faut voir l’irrésistible Vincent Cassel et son personnage qui brouille les frontières entre fiction/vraie vie, et Emmanuelle Bercot, en lutte permanente avec elle-même, avec lui, avec tous les autres. Tous les ressorts de la relation dominant-dominé, de l’amour carnivore, sont égrainés avec une fluidité féroce scène après scène.
Et pourtant, en lieu et place du vertige attendu (surtout après le médusant Polisse), un calme stoïque, celui du spectateur. Parce que la prise de position n’est jamais claire (chacun est à la fois victime et coupable), parce que le pathos menaçant est percé par des pointes d’humour bien senti. Notes de légèreté  nécessaires contre cette passion broyeuse de vie. 

Anecdote : le film a reçu une standing ovation de 8 minutes à l’issue de sa projection à Cannes.