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Le Choix de Sophie

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DeAlan J. Pakula
Avec : Meryl Streep, Kevin Kline, Peter MacNicol
1982

Stingo (Peter MacNicol), jeune écrivain ambitieux fraîchement débarqué à New York, se lie d’amitié avec Nathan (Kevin Kline) et Sophie (Meryl Streep), un couple passionnel partageant la même maison. Mais ses nouveaux amis cachent de bien lourds secrets. 

Cette adaptation du roman phare de William Styron supporte plutôt mal le poids des années écoulés depuis sa sortie triomphante (Oscar de la meilleure actrice pour Meryl Streep). Heureusement, la mollesse de l’ensemble est réveillée par la passion névrosée (intacte) dégagée par ce couple hors normes (la tornade Kevin Kline). Peu à peu les secrets remontent à la surface – certes trop doucement parfois – jusqu’au fameux choix de Sophie, aussi vibrant que tragique. 

Le petit plus : vous avez adoré l’excentrique Otto dans « Un Poisson nommé Wanda » ? Ce film est l’occasion de comprendre pourquoi John Cleese a tant voulu Kevin Kline pour le rôle après l’avoir vu jouer ici. 

Annie Hall

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De : Woody Allen
Avec : Woody Allen, Diane Keaton, Christopher Walken
1977

Alvy (Woody Allen) est un humoriste pessimiste, mal léché, névrosé, obsédé par la Mort, la Vie, le Sexe, et surtout par une femme : Annie (Diane Keaton). Alvy n’arrive pas à y faire avec elle. Mais sans elle, il n’arrive à rien tout court.

Aucun doute. Annie Hall est une histoire d’amour croustillante 100% Woody Allen. Comme à son habitude le réalisateur regarde droit dans les yeux son spectateur. Parce que son histoire d’amour il la raconte à un ami. Elle est si flagrante de réalisme que l’effet de miroir opère dès la première scène. Peu importe le caractère fabriqué de la mise en scène, comment ne pas se reconnaître dans le prosaïsme des dialogues, dans la loose attitude des personnages, dans cet amour  impossible ? Presque 40 ans ont passé et Annie Hall n’a pas pris une ride. C’est bien là le signe d’un grand classique.

 Le petit plus : cette scène formidable où Diane Keaton et Woody Allen se chamaillent avec un homard. Culte.

Black Swan : l’envol de Natalie Portman

De : Darren Aronofsky
Avec : Natalie Portman, Mila Kunis, Vincent Cassel.
2011

 

« Après s’être immiscé dans le monde du catch avec l’excellent “The Wrestler”, Darren Aronofsky se glisse dans les coulisses obscures des ballets, et transforme le gracieux New York City Ballet en théâtre glauque. Il fallait oser. Ne gratte pas qui veut le vernis pailleté du monde de la tulle et des tutus pour broder un thriller angoissant . Et pourtant c’est le pari audacieux qu’a choisi de faire le réalisateur pour raconter l’histoire de Nina.

Nina qui ne vit que pour sa carrière de danseuse de ballet. Si bien que quand l’intimidant Thomas, chorégraphe volcanique, la choisit pour incarner le rôle principal dans le “Lac des Cygnes”, Nina touche du doigt son rêve. Rêve ou cauchemar ? Rien n’est vraiment sûr lorsque débarque dans la troupe la sensuelle et talentueuse Lily.

Démence ou complot ? Si l’enfer n’était pas les autres mais soi-même ? C’est sur cette réflexion que le réalisateur axe son scénario et fait monter la tension. Tension qui doit beaucoup au personnage de Nina, tantôt cygne blanc, jeune fille chétive au milieu des requins, tantôt cygne noir, furie assoiffée de perfection. Au fur et à mesure que le film avance, le spectateur retient son souffle, absorbé par la souffrance et le mal-être que dégage cet être en quête d’une bouffée de lumière. Dans ce ballet de l’horreur, Natalie Portman mène la danse, virevoltante de grâce et splendide dans ce corset de fragilité à la limite de l’insoutenable. Si la mise en scène transpire l’angoisse et réussit à nous happer dans la spirale de la psychose, on regrette néanmoins la lourdeur dans les procédés de suspense. L’émotion quant à elle, atteint son paroxysme dans un final crescendo. »

 

 

Anecdote : Darren Aronofsky assimile son film à un conte de fées. Il présente notamment le personnage de Natalie Portman, qui se transforme la nuit en une créature mi-cygne mi-humaine, comme une représentation du mythe du loup-garou.