
De : Sofia Coppola
Avec : Kirsten Dunst, Nicole Kidman, Colin Farrell
2017
La guerre de Sécession. Un pensionnat pour jeunes filles au fin fond de la Virginie qui se tient en dehors des conflits. Et une vie paisible bientôt bouleversée par le recueil d’un soldat blessé mais surtout ennemi.
Prêtresse de la mélancolie féminine, directrice aux mains d’argent lorsqu’il s’agit de récréer la poésie des alcôves, Sofia Coppola s’est pourtant éteinte ces dernières années. Après un Bling Ring en toc et un Somewhere incolore, Les Proies s’annonçaient comme le grand retour. Un sujet-signature (celui de la femme entêtante aux prises avec le masculin), mais surtout un casting en or (Kirsten Dunst, Nicole Kidman, Elle Fanning, Colin Farrell). Et pourtant… l’ennui.
Ce remake poudré du film de Don Siegel fait l’effet d’une peinture morte d’un fait divers, tant l’anorexie semble ici dominer à tous niveaux (rythme contemplatif sans interêt, personnages décharnés, psychologie embryonnaire, etc). Seule prédomine la diarrhée verbale qui, loin de dynamiser une mise en scène rigide, condamne l’ensemble. Sans s’attendre à un duel survolté à la Hollywood entre l’individu (Colin Farrell, soldat esseulé) et le collectif (une bande de femmes dévorées par un trop plein de désir), on espérait un revenge movie calfeutré certes, mais pulsé. La prochaine fois ?
Anecdote : la scène où Nicole Kidman fait la toilette à Colin Farrell a nécessité de nombreuses prises. En cause, la lumière de l’après-midi qui influait sur la photographie de la scène. L’actrice nettoyait le comédien depuis près de 2h quand la scène fut enfin bouclée.


