De : Sion Sono
Avec : Ryô Ishibashi, Masatoshi Nagase, Saya Hagiwara
2001
“1…2…3…4 et on y va !” Le début d’une comptine, comme un air d’amusement. Et une ribambelle d’étudiantes japonaises de se jeter, main dans la main, sous les rails du métro entrant. Suicide collectif isolé ou homicide minutieusement prémédité ? L’inspecteur Kuroda mène l’enquête.
Comment sortir indemne de ce Suicide Club ? Sion Sono nous étouffe, nous écoeure, mais surtout nous fait réfléchir avec cette chronique sociale à la fois fabriquée et terriblement réaliste. Le malaise puise ici son venin dans le background culturel du récit : la pop culture nippone et son emprise sur une jeunesse shootée par les music bands. L’humour est glauque, certaines scènes presque grotesques et pourtant impossible de détourner les yeux de ce grand feu de joie suicidaire.
L’enquête policière a beau manquer de punch (le récit avance par à-coups ), l’esthétique manga trash de cette satire sociale est si déstabilisante que Sion Sono réussit son coup.
