Mois: octobre 2016

Dead Silence

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De : James Wan
Avec : Ryan Kwanten, Amber Valletta, Donnie Wahlberg
2007

Accusé du meurtre de sa femme, Jamie décide de retourner dans la ville de son enfance pour trouver des preuves de la culpabilité d’une mystérieuse poupée. Un retour au bercail qui réserve son lot de surprises sur son propre passé.

À ce qu’il paraît, c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures. Un adage qui vaut surtout pour les scénarios de films d’horreur, même si pour beaucoup de réalisateurs le résultat s’apparente plus à de la bouillie. Excepté pour James Wan, maître indétrônable ces dernières années en la matière.
En dépit de son statut de dinosaure dans la (jeune) carrière du réalisateur, Dead Silence n’est en rien un souvenir filmographique honteux. Certes, les personnages sont en pilotage automatique et articulent des dialogues plats (on n’a as encore atteint le stade d’écriture du couple Warren). Certes, la volonté de mêler enquête policière, thriller et épouvante est un peu hasardeuse, mais la photographie est – chose rare – soignée, et non sacrifiée au profil des effets en carton pâte. Quand la caméra n’est pas posée à des endroits audacieux à multiplier les points de vue, elle s’amuse à créer des effets de perspective plutôt sympathiques, apposant une véritable signature à la mise en scène. L’immersion est complète, du début jusqu’à la fin, qui, on l’apprécie, ne fait pas dans l’équivoque.

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The boy

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De : William Brent Bell
Avec : Lauren Cohan, Rupert Evans, Jim Norton
2016

Pour fuir son ex-petit ami violent, l’Américaine Greta (Lauren Cohan) accepte un job de nanny au fin fond de la campagne anglaise. Un boulot grassement payé pour ce qui se résume à s’occuper d’une « poupée » pendant l’absence des parents.

Un gigantesque manoir entériné dans la brume, une baby-sitter isolée et l’esprit d’un petit garçon sauvegardé dans un jouet. Aucun spoiler ici, juste du bon sens. On l’aura compris, the Boy ne fait pas dans la finesse cérébrale. Et pourtant, à chaque apparition de la poupée à l’écran, la chair de poule s’installe. Car l’adage « plus réussi est le méchant, plus réussi sera le film » (dixit Alfred Hitchcock), marche aussi avec les dolls. Et dans le registre creepy, celle-ci décroche le pompon. Pas de visage grossier à la Annabelle, mais un adorable minois qui réserve son lot de tête-à-tête aussi ambivalents que troublants  avec la baby-sitter. De l’épouvante très visuelle plutôt réussie dans l’ensemble, pour contrebalancer le pétard mouillé qui tient lieu de scénario.

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Nerve

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De : Henry Joost, Ariel Schulman
Avec : Dave Franco, Emma Roberts,Emily Meade
2016

Pour prouver à sa meilleure amie Sydney (et au monde) qu’elle n’est pas la fille timide et passive que tout le monde croit, la discrète Vee (Emma Roberts) s’inscrit à Nerve, un jeu online qui cartonne auprès des ados. Le principe est simple : le ou la participant(e) doit se soumettre en temps réel – et sous le joug d’un temps imparti – à des défis proposés par les internautes en échange d’une rémunération.

Mixez le film Unfriended (teen movie 2.0 sur le danger de bitching sur les réseaux sociaux) avec la série Black Mirror (pamphlet acide et inégal sur notre relation aux nouvelles technologies) et vous obtiendrez Nerve, blockbuster électrique calibré pour le box-office. Sans faire mal au cerveau, la machine marche plutôt bien et tient ses promesses. Un divertissement au ton moralisateur plutôt light, avec une poignée de moments cocasses, quelques scènes d’action et de brèves pulsions d’adrénaline. Le contrat est rempli.

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The Lobster

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De : Yorgos Lanthimos
Avec : Colin Farrell, Léa Seydoux, Rachel Weisz
2015

Dans une société où il est formellement interdit d’être célibataire, David (Colin Farrell) rejoint un hôtel spécial où il dispose de 45 jours exactement pour tomber amoureux et se mettre en couple. Cas contraire, il se verra transformer en homard, l’animal qu’il a choisi.

S’il y en a un qu’on n’attendait pas dans cette dystopie loufoque, c’est bien Colin Farrell, lui qui semblait se prélasser dans des personnages vus et revus (Mademoiselle Julie, Un amour d’hiver, Dans l’Ombre de Mary…). En intégrant le casting du dernier OVNI du réalisateur grec (dont le prochain The Killing of a Sacred Deer réuni du beau monde, Nicole Kidman et Alicia Silverstone en tête), l’acteur livre une interprétation convaincante, celle d’un homme taiseux et paumé, piégé dans une chasse à l’homme et à l’amour sans merci. La mise en scène de glace, au diapason avec le propos funèbre, cultive le malaise avec un certain art. Tant on a l’impression d’observer des personnages-cobayes se débattre dans l’une de ces configurations psychologiquement cauchemardesques chère à Yorgos Lanthimos.

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Bridget Jones Baby

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De : Sharon Maguire
Avec : Renée Zellweger, Colin Firth, Patrick Dempsey
2016

43 ans, pas de mec, pas d’enfant, une bande d’amis tous parents (ou presque) et en plus de ça une nouvelle boss redoutable. La fin des haricots pour Bridget ? Que nenni, puisque la voilà enceinte suite à des dérapages alcoolisés avec… deux hommes.

On pensait l’âge de raison atteint, à la fin d’un deuxième opus tiédasse, avec la promesse d’un mariage imminent. Il n’en est rien. Bridg’ n’a pas changé. Elle a toujours deux mains gauches,  s’exprime toujours aussi mal en public, et se retrouve une fois encore en sandwich entre deux hommes : un Patrick Dempsey très en forme (dont l’humour fringuant dame le pion à Hugh Grant) et un Colin Firth qui repousse les limites de l’austérité et de l’élégance. Seule différence notable, le retour (très) attendu de la réalisatrice Sharon Maguire (auteur du premier volet) aux commandes.

Répliquent piquantes, scènes au comique de situation amplifié, séquences chamallow… On retrouve la tendresse, la fraîcheur et l’humour des débuts. Les minutes défilent sans temps mort, moments émouvants et gags loufoques s’entremêlant avec une belle souplesse pour former un feel good movie chaleureux. Une petite madeleine à déguster sans hésitation en ces temps pluvieux.

Anecdote : pour Colin Firth, son nouveau rival, Patrick Dempsey (dans le rôle de Jack Qwant) est plus redoutable que l’était Hugh Grant dans la peau de Daniel Cleaver : « Pour Mark, Daniel était un mec moins bien que lui. Mais Jack, lui, est un type bien, charmant, et par conséquent beaucoup menaçant. »

(L to R) Oscar® winners RENÉE ZELLWEGER and EMMA THOMPSON in "Bridget Jones’s Baby," in which Zellweger and Oscar® winner Colin Firth reprise their roles in the next chapter of the world’s favorite singleton. Directed by Sharon Maguire (Bridget Jones’s Diary), the new film in the beloved comedy series based on creator Helen Fielding’s heroine finds Bridget unexpectedly expecting.

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Dans le noir

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De : David F. Sandberg
Avec : Teresa Palmer, Gabriel Bateman, Maria Bello
2016

Martin est un petit garçon qui n’a pas la vie facile. Son père est mort et sa mère – sous antidépresseurs – parle toute seule, ou plutôt avec une méchante dame au nom de Diana qui se plaît à le persécuter. Seule bouée de secours du petiot, sa (demi) grande soeur Rebecca, exilée du cocon familial.

Difficile de garder l’oeil vif et d’esquiver le bâillement durant le premier quart d’heure. Un gamin livré à lui même, une adulescente qui fait sa crise, un fantôme qui claque des portes… mouais. Le pitch de Dans le noir n’a rien de révolutionnaire. Paresseux, il ne prend même pas la peine d’approfondir le pourquoi du comment. Et pourtant, contre toute attente, ça fonctionne. La mise en scène, bien huilée, se révèle aboutie, tirant son énergie d’une peur parlant à l’enfant qui sommeille en chacun : celle du noir. Réminiscences des situations cauchemardesques qui en découlaient (la peur, enfant, de se retrouver seul dans le noir, des coupures d’électricité, etc). Situations exploitées jusqu’aux habituels scare jumps et dominées par une Teresa Palmer toujours aussi badass.

Anecdote : le budget de production du film a été amorti dès le premier week-end de sortie en salles. Il n’en fallait pas plus pour les producteurs pour envisager immédiatement un séquel.

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