Mois: mars 2017

The Founder

De : John Lee Hancock
Avec : Michael Keaton, Laura Dern, Patrick Wilson
2017

Pourquoi l’histoire du créateur d’un site web (ou celui d’une marque d’ordinateur) serait-elle plus intéressante que celle de l’homme qui bâtit le plus grand empire de la fast food, et, de manière plus insidieuse, bouleversa l’industrie alimentaire à l’échelle mondiale ?

À chaque révolution, ses histoires un peu sales, son côté pile, son coté face. Et MacDonald’s, roi du Big Mac, n’échappe sûrement pas à la règle. Du moins, c’est ce que tend à démontrer John Lee Hancock à travers ce biopic ronronnant à taille humaine, abordant l’odyssée du géant jaune par le biais du parcours de Ray Kroc (Michael Keaton, comme un coq en pattes), commercial miteux mais opportuniste de haut vol. Mais ici, pas de David contre Goliath ou de manichéisme souligné, et c’est bien là le plus intéressant. Le réalisateur privilégie une certaine neutralité sèche, incarnée par un protagoniste ni antipathique, ni vraiment sympathique non plus. Contre toute attente, c’est la morale (tout droit sortie d’un livre de développement personnel) qui l’emporte : à homme persévérant, rien d’impossible. Pas même s’approprier l’affaire juteuse des frères McDonald’s ni même les déposséder de leur propre nom de famille. Un biopic coriace mais surtout efficace.

Anecdote : un jour de tournage particulièrement éprouvant, Michael Keaton, généreux, n’a pas hésité à louer deux camions de crème glacé pour récompenser l’ensemble de l’équipe du film.

10 Cloverfield Lane

De : Dan Trachtenberg
Avec : Mary Elizabeth Winstead, John Goodman, John Gallagher, Jr.
2016

Michelle (Mary Elizabeth Winstead), victime d’un accident de voiture, se réveille dans le sous-sol glauque d’un bunker. Pourquoi ? Comment ? D’après Howard et Emmett, les deux seuls habitants des lieux, tout se résume à une chose : survivre.

Au diapason avec une séquence d’entrée plutôt désarmante de par son silence, Dan Trachtenberg nous plonge dans un thriller pavé d’interrogations. Psychose, folie, manipulation, mensonge… le réalisateur brasse avec brio les ingrédients classiques du genre pour accoucher d’un huis clos propre et prenant. Pas de temps mort, un suspense stable sur toute la longueur et, cerise sur le gâteau, une fin où se devine aisément le plaisir de J.J Abrams, producteur du film.