Mois: avril 2017

Personal Shopper


De : Olivier Assayas
Avec : Kristen Stewart, Lars Eidinger, Sigrid Bouaziz
2016

Maureen est personal shopper pour le compte d’une célébrité. Entre deux boutiques de luxe à Paris, la jeune femme tente d’établir un contact avec son frère jumeau, ancien médium mort brutalement.

Le deuil, ce sas de (dé)compression entre la vie et la mort, période fragile où la frêle Kristen Stewart (subjuguante beauté froide, omniprésente à l’écran) se laisse engloutir petit à petit par son refus de laisser partir sa moitié. Après le nombriliste et décevant Sils MariaOlivier Assayas livre un drame aux accents fantastiques d’une pudeur étouffée mais pas platonique. Silencieux mais jamais ennuyeux, son Personal Shopper s’apprécie comme une métaphore évanescente du chagrin. Le glissement final vers le thriller, tout en filigrane, apporte le sursaut nécessaire pour assurer, jusqu’au bout, la concentration du spectateur.

Mississippi Burning


De :  Alan Parker
Avec : Gene Hackman, Willem Dafoe, Frances McDormand
1988

Mississippi, années 60. Alors que Martin Luther King gagne du terrain dans tout le pays, le comté de Jessup County campe sur ses positions ségrégationnistes, n’hésitant pas à faire disparaître 2 activistes menaçants et 1 habitants noir encombrant. Deux membres du FBI débarquent pour éclaircir l’affaire : Rupert (Gene Hackman), ancien shérif gouailleur du Sud, et Alan (Willem Dafoe), jeune premier à la tête de l’enquête.

En dépit de son nombre d’années au compteur, ce film d’investigation à dimension politique n’a en rien perdu de son caractère, bien au contraire. Brûlant écho à des événements pas si lointains (pour ne citer que Ferguson, en 2014), Mississippi Burning dresse le portrait authentique d’un terroir américain hostile, débroussaillé par le charisme palpitant d’un Gene Hackman très en forme. La machine scénaristique est bien huilée, et l’intrigue, au diapason avec une bande sonore très série B, embarque sans effort le spectateur dans la noirceur de son enquête.

Julie and Julia


De : Nora Ephron
Avec : Meryl Streep, Amy Adams, Chris Messina
2009

Julia Child, auteur phare d’un bestseller sur la gastronomie française, n’a pas toujours été Julia Child. Fût un temps où elle n’était que l’épouse un peu gauche d’un diplomate américain muté à Paris dans les années 40. Julie and Julia retrace sa destinée culinaire au diapason avec celle de Julie Powell, random girl des années 2000 ayant réalisée en 365 jours les 524 recettes du livre de la dame en question.

Deux destins de femmes, deux époques différentes et un défi culinaire gargantuesque. La comédie de Nora Ephron (fine plume des romcom old school comme Quand Harry rencontre Sally) est à l’image de son synopsis : pesante et indigeste. En dépit d’une brochette d’acteurs plutôt appétissante (Meryl Streep en tête, talonnée par Amy Adams et Stanley Tucci), et d’un sujet qui met en appétit, Julie and Julia ne parvient jamais à chatouiller ni nos papilles, ni nos zygomatiques. Les acteurs, mal dirigés, se laissent engloutir par un scénario sans sel, faisant la part belle aux humeurs des personnages plus qu’aux émotions. Dommage.